Condamné en mai 2014 à 10 ans de prison et à 1000 coups de fouets pour avoir insulté l'islam, le blogeur saoudien s'est fait flageller 50 fois en janvier dernier devant la mosquée Al Jafali de Jeddah. Depuis, son procès n'a eut cesse d'être reporté et les flagellations suspendues sur les recommandations de médecins affirmant que Raif Badawi n'était pas encore rétabli, ses blessures n'ayant pas cicatricé.

Crime d'apostasie

Les reports prolongés du procès de Raif Badawi avaient faussement été interprétés comme un signe d'assouplissement de la #Justice, laissant espérer sa libération prochaine. Mais aujourd'hui, la Cour Criminelle l'accuse d'apostasie, l'abandon public et volontaire de sa foi, considéré comme un des crimes les plus grave dans islam. C'est sa femme, Ensaf Haidar, réfugiée au Canada avec ses trois enfants qui confiait au journal The Independant : « les juges du tribunal veulent un nouveau procès pour apostasie, » crime passible de la peine de mort. Si Amnesy Internatonal n'est pas encore en mesure de confirmer ces dires, Ensaf Haidar affirme détenir ces informations de sources sûres. Et d'ajouter : « Nous avons des raisons de croire sans aucun doute que le même juge a à nouveau demandé au président du tribunal d'accuser Raif d'apostasie. »

« Des fanatiques »

Raif Badawi avait déjà été poursuivi pour apostasie en 2003 avant d'être relaxé, la cour ayant confirmé qu'il était bien musulman. Dans l'attente du procès, les séances de flagellations publiques peuvent reprendre à n'importe quel moment. Un porte-parole d'Amnesty International interrogé par The Guardian assure : « la peur d'être confronté chaque semaine à une nouvelle séance de flagellation publique constitue une torture inimaginable. Nous appelons les citoyens du monde et les gouvernements à ne pas laisser Raif se faire trainer à mort par ces fanatiques. Et nous renouvellons nos appels à sa Majesté le Roi Salman de pardonner Raif Badawi et lui permettre de quitter le pays » ont déclaré les proches du blogueur. Plus d'un million de personnes avaient signé la pétition pour sa libération lancée par Amnesty International en janvier dernier. Des personnalités publiques comme Angela Merkel, le prince Charles, David Cameron ou le maire de Montreal se sont également mobilisées. Deux réalisateurs canadiens se sont lancés dans la réalisation d'un documentaire #freeRaif. Le saoudien est d'ailleurs nommé au Prix Nobel de la Paix 2015.

Rien y fait. L'#Arabie Saoudite n'entend pas plier et la mobilisation internationale vient piquer son ego à vif. Elle craint en réalité que toute inflexion de sa part soit perçue comme signe de faiblesse et ouvre la porte à d'autres pressions internationales. A cette pétromonarchie présente lors de la marche du 11 janvier pour la liberté d'expression, élue en 2013 membre du Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU, à cette pétromonarchie qui invoque quand bon lui semble la Charia, il est de bon ton de rappeler ces versets du livre saint :

70.32. وَالَّذِينَ هُمْ لِأَمَانَاتِهِمْ وَعَهْدِهِمْ رَاعُونَ

Ceux qui gardent les dépôts qu'on leur confie, fidèlement,

Et respectent les engagements qu'ils ont pris, pleinement

70.35. أُوْلَئِكَ فِي جَنَّاتٍ مُّكْرَمُونَ

Ceux-là seront accueillis au Paradis, honorablement