L'offensive pour la libération de Tikrit est pour l'instant à l'arrêt.

Attendre des renforts, limiter les pertes humaines et permettre aux civils de fuir la zone des combats sont les motifs invoqués par les autorités gouvernementales pour justifier l'arrêt des troupes en bordure de Tikrit. Un haut responsable militaire américain de la coalition déclare : « Il est absolument normal que les forces irakiennes s'arrêtent pour se réorganiser avant l'assaut final. » 

Les forces irakiennes comprennent, outre l'armée régulière et les forces de police et de sécurité, un très fort contingent de milices chiites. Des combattants de tribus sunnites participent à l'effort de guerre et quelques sunnites de la région de Tikrit aussi. L'ensemble représente environ 30 000 hommes, sous le haut commandement du général iranien Kassem Souleymani.

Point sur la situation

Comme il fallait le prévoir la progression des troupes est extrêmement lente. Le nombre de pièges, mines et engins explosifs improvisés est très important, le tout battu par le feu de tireurs embusqués. Daesh connaît bien ce type de combat, il l'a mené à Kobané. Il a fallu six mois aux Kurdes aidés par les frappes aériennes de la coalition pour réussir à se rendre complètement maîtres de la situation.

Le colonel Steve Warren, porte-parole du Pentagone déclare : « Les forces de l'offensive irakienne ont essentiellement encerclé Tikrit mais n'ont réellement pas fait mouvement à l'intérieur de la ville, ils sont sur le point de le faire. Le combat urbain est une guerre difficile, ce sera long. »  

Le fin stratège iranien le général Souleymani, « superviseur en chef»  le « général de l'ombre » avait-il sous- estimé les procédés de Daesh, ou voulait-il tester un peu les troupes gouvernementales ?

L'appui aérien

Contrairement à ce qui avait été dit récemment, la coalition autour des USA n'a jamais reçu de demandes d'appuis aériens. Un haut responsable militaire de celle-ci déclare : « le gouvernement irakien ne nous a jamais demandé de frappes aériennes sur Tikrit »  ajoutant encore : « Nous ne procédons à aucune frappe sans la demande ou l'agrément du gouvernement de l'Irak ou du gouvernement régional du Kurdistan. » 

Les Américains ne voient pas pour l'instant d'un bon œil une collaboration officielle avec l'Iran sur ce dossier, même si sur le terrain officieusement c'est différent et une certaine entente tacite obligatoire existe de fait entre les « instructeurs » des deux pays. #Etat Islamique

En arrière-plan de la situation en Irak, les négociations sur le nucléaire iranien, sont pour la Maison-Blanche très importantes. Suivant l'issue de celles-ci, la position en Irak des États-Unis face à l'Iran pourrait changer. Nous pourrions en cas d'un accord proche des vœux de Barack Obama voire peut-être une collaboration officielle sur le terrain.