Rien ne va plus au sein du parti au pouvoir tunisien, Nidaa Tounès. Les divergences sont surtout présentes depuis l'élection de son fondateur, à la tête du pays au mois de décembre dernier, Béji Caïd Essebsi âgé de 88 ans. Il faut dire que le parti est assez hétéroclite. Entre les gens de gauche, de droite, les réformateurs et ceux encore proches du régime de Ben Ali, l'ancien chef de l'Etat tunisien, toutes les tendances sont un peu réunies au sein d'une même formation politique. C'est une véritable guerre d'ego à laquelle on est en train d'assister. Les choses vont très loin car une partie du mouvement ne reconnaît plus le comité exécutif.

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Mais le directeur de ce même exécutif, Boujemaa Remili, ne veut « rien entendre ». Sa position est très ferme. « Nous ne reculerons pas et nous suivrons toutes les décisions prises, à savoir l'élection du comité exécutif le 22 mars et l'organisation d'un Congrès national avant le mois de juin prochain », explique-t-il, très clairement. En réalité, le noyau dur du parti est constitué du courant réformateur et du comité exécutif.

Il faut une ligne claire pour le parti

Les opposants appellent tout simplement au boycott. Et certains députés ne suivent plus la ligne fixée par le parti, pas assez claire pour eux. « Notre majorité parlementaire refuse d'être mise sous tutelle. Nous voulons que les choses avancent de façon démocratique et légitime. Il faut que nous soyons capables de suivre une ligne claire et définie par notre parti », indique le député, Khalid Choukat.

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Par ces mots, il est clair que certains députés remettent en cause la légitimité du parti. On parle d'une soixantaine de députés sur 86, soit bien plus de la moitié. Visiblement, la situation n'est pas près de s'arranger car la « guerre » s'est aggravée depuis que les différents clans s'affrontent par médias interposés. Ce qui n'est jamais positif en soi et la route toute tracée vers l'implosion. Le tout nouveau chef de l'Etat, Béji Caïd Essebsi, saura-t-il prendre le taureau par les cornes pour régler un conflit négatif pour son image personnelle ? Réponse dans les prochaines semaines. Mais pour le moment, l'heure est loin d'être à l'apaisement dans un pays, à peine sorti de la crise. #Afrique #Tunisie