Le journaliste espagnol, Javier Espinosa, a passé environ six mois dans les prisons de l'État islamique. Libéré en mars 2014, ce n'est qu'un an plus tard qu'il peut témoigner des tortures psychologiques effectuées par le groupe armé sur sa personne. Il a été en contact avec, entre autres, Mohammed Emwazi, mieux connu sous le nom de Jihadi John, au cours de son séjour comme otage.

"Jihadi John me faisait regarder et subir des simulations d'exécutions" explique Javier Espinoza. Cet homme est le bourreau avec la cagoule noire qui apparaît sur de nombreuses vidéos d'exécution diffusées par le groupe terroriste.

Dans son témoignage, l'ancien otage et journaliste pour El Mundo a décrit cet homme d'origine britannique comme un "psychopathe sanguinaire". Javier Espinosa avait été kidnappé en septembre 2013 et était détenu avec 22 Européens, un Américain et une personne d'Amérique latine. Dimanche, il racontait certaines scènes qui marquent l'imaginaire, des scènes qui pourraient être directement sorties d'un film hollywoodien. "Il caressait mon cou avec la lame d'un long couteau et me décrivait de manière très précise l'exécution dont je pourrais être victime", dit l'ex-otage.

Une prison sous haute sécurité

L'ex-détenu de l'État islamique mentionne que "tous les otages étaient gardés au même endroit". Selon son co-détenu, l'Américain James Foley, qui a été exécuté par l'État islamique, le projet "était de garder tous les Occidentaux dans une seule et même prison avec des caméras et de nombreux gardiens".

Garder le silence par peur de représailles

Le journaliste justifie son silence par les menaces reçues avant sa libération. "On m'avait dit que si je parlais avant que tout soit terminé, ils tueraient d'autres otages", a-t-il expliqué. Aujourd'hui, il ne reste qu'un otage sur les 22 prisonniers qui accompagnaient Javier Espinosa.

Au cours de sa sortie publique, il n'a pas manqué de donner des détails sur les discussions sordides que les gardiens avaient avec les détenus. "En nous montrant des photos de décapitations ou d'exécutions, ils nous disaient que nous allions peut-être finir comme les personnes abattues ou que nous devrions creuser une nouvelle tombe pour y mettre notre corps", a-t-il raconté. #Etat Islamique #Journalisme #Terrorisme