Suite à une pénurie de produits chimiques, le gouverneur, Gary Herbert, qui exerce ses fonctions dans l'Utah, a donné l'autorisation aux autorités locales de recourir au peloton d'exécution « si besoin ». Un véritable retour en arrière pour l'Etat qui avait aboli ce type de mise à mort en 2004 et y avait eu recours pour la dernière fois en 2010, pour des criminels jugés avant l'adoption de cette loi.

Une crise de poison aux raisons logiques

Alors que le pays subit depuis quelques temps des difficultés d'approvisionnement en produits pour les injections létales, différentes questions éthiques se posent. En effet, cette « crise de poison » due au blocage pur et simple de pays producteurs, a remué les #Etats-Unis et remis en cause la peine de mort. Un argument revient sans cesse : le mauvais calibrage des produits, provoquant une réaction très violente et des douleurs insupportables. Trois cas recensés en 2014 ont marqué la population :

- Joseph Wood a souffert durant plus d'1h40 avant que le produit ne fasse effet. « Sa bouche s'ouvrait, sa poitrine se gonflait, l'estomac convulsait. C'était une mort par apnée » rapporte un journaliste de l'Arizona Central.

- Clayton Lockett a lui aussi subi ce type de douleurs lors d'une double exécution. Le processus a dû être stoppé après trois minutes tant cela était difficile à voir. Son avocat parle de « travail bâclé ».

- Dennis McGuire a mis vingts-quatre minutes avant de succomber à l'injection létale.

Aux grands maux, les grands remèdes

Alors que le système juridique se trouve amputé face à cette pénurie, le gouverneur de l'Utah, Gary Herbert, a décidé d'analyser le problème sous un angle plus logique. Ne pouvant plus exécuter la décision du juge, il a décidé, onze ans après l'annulation de cette pratique, de remettre en vigueur le peloton d'exécution « si besoin ».

Une décision qui ne fait pas l'unanimité. Beaucoup trouvent que cette pratique est tout simplement « barbare » d'après le Huffington Post. Le gouverneur, quant à lui, a dit : « Ceux qui ont fait part de leur opposition au texte sont principalement des opposants à la peine capitale en général [...] nous préférons utiliser la méthode de l'injection létale quand une telle peine est prononcée. Cependant, quand un jury prend la décision et qu'un juge signe un ordre de peine de mort, l'exécutif est obligé d'aller dans le sens de cette décision ».

Un cas isolé ?

L'Utah n'est pas le seul Etat américain à chercher des solutions alternatives à l'injection létale. En Oklahoma, on parle de l'adoption d'une loi autorisant la mort par inhalation d'azote : un sac ou un masque à gaz est placé sur la tête du condamné qui respire ce gaz inodore jusqu'à suffocation.

Selon le Death Penalty Information Center, plusieurs Etats autorisent encore les exécutions à la chaise électrique, à la chambre à gaz ou par pendaison.

Le débat n'a pas fini de faire parler de lui car la Cour Suprême américaine rendra son verdict prochainement sur la constitutionnalité de l'injection létale, qu'elle avait jugée acceptable en 2008. #Justice