Rarement un homme n'a suscité autant de controverses que #Vladimir Poutine. Tensions avec l'Occident, conflit en #Ukraine, annexion de la Crimée ou disparition des radars publics… Le président russe aime cultiver le mystère et l'hystérie médiatique.

10 jours d'absence

« On s'ennuierait s'il n'y avait pas de ragots. » C'est avec ironie que le chef d'État russe a balayé toutes les rumeurs à son sujet. Il faut dire que sa rencontre avec le président du Kirghizistan, Almazbek Atambaïev, vient achever une période de dix jours sans la moindre nouvelle de sa part. « Kouda propal Poutine? », « où est-il passé? » n'ont cessé de demander les médias russes harcelant le Kremlin de questions depuis le 5 mars, date à laquelle il a accueilli le Premier ministre italien Matteo Renzi. Face au mutisme du pouvoir, on aura tout entendu. Des soucis de santé ? Démenti. Un enfant à naître en Suisse avec Alina Kabaeva, la championne olympique de gymnastique ? Démenti. Un coup d'État ? Démenti. « J'envisage de m'adresser aux personnes qui ont de l'argent pour qu'elles organisent un concours du meilleur canular journalistique », se moque Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin. Après tout ce brouhaha, Vladimir Poutine a décidé de faire un retour en fanfare, lundi.

Révélations un an après l'annexion de la Crimée

Le patron du Kremlin a, en effet, ordonné à la Flotte du Nord de la marine russe dans l'Arctique, de se mettre en état d'alerte pour des exercices militaires impromptus, d'après l'agence de presse RIA Novosti. Ainsi, près de 40 000 militaires vont participer à des manoeuvres qui engagent une quarantaine de bâtiments de guerre et quinze sous-marins. Histoire de rappeler qu'il est bien aux commandes.

S'il y a bien un pays où l'absence de Vladimir Poutine a été largement commentée, c'est l'Ukraine. Des militants ukrainiens ont d'ailleurs posé une pierre tombale devant l'ambassade de #Russie à Kiev, dimanche 15 mars, pour se moquer. Sur cette pierre, Poutine était représenté en Adolf Hitler et on y trouvait l'inscription « V.V. 12.03.2015 ». Un an après le référendum qui a officialisé l'annexion de la Crimée, on apprend sur un documentaire intitulé « Crimée : Retour à la patrie » que le président russe était prêt à mettre en alerte ses forces nucléaires. « Nous étions prêts à le faire, lâche-t-il juste avant de disparaître pendant dix jours. Je l'ai dit ouvertement à mes collègues. C'est notre territoire historique, des Russes y vivent et ils sont en danger. Nous ne pouvons pas les abandonner. » Simple rappel, le conflit avec la Crimée a précédé celui d'avec l'Est de l'Ukraine où 6 000 personnes ont péri.

Le mystère permanent entourant Vladimir Poutine, c'est peut-être ce qui effraie le plus les Européens et les Américains. Nul ne sait comment faire flancher le président russe. Il suffit d'observer l'après-assassinat de Boris Nemtsov. Alors que beaucoup accusent Poutine d'avoir orchestré le meurtre, voilà qu'un sombre commandant du bataillon tchétchène fait son apparition et avoue tout devant l'incrédulité générale. Il faut dire que la confrontation constante entre Poutine et l'Occident n'est pas une surprise. C'est le biographe Frédéric Pons, journaliste pour Valeurs Actuelles, qui en parle le mieux. « Je ne le crois pas désireux de jouer le "bad boy" de la communauté internationale. C'est en réalité la conséquence de son ambitieux chantier de restauration de la grandeur russe. »