La situation au Yémen se dégrade dangereusement, le pays est en train de plonger dans une guerre civile et le chaos se profile dangereusement. Les miliciens chiites houthis restent sourds aux appels de l'ONU qui réclame l'arrêt des hostilités et demande le respect de l'autorité du président Abd Rabbo Mansour Hadi, réfugié dans la ville d'Aden.

Aidées par des troupes restées fidèles à l'ancien président Ali Abdallah Saleh, les milices chiites font actuellement route vers le sud-ouest du pays, avec comme objectif la ville d'Aden. Les belligérants viennent de prendre possession de l'aéroport de Taëz, la troisième ville du pays, ainsi que de la base militaire attenante.

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Ce qui ouvre la route du sud et donc d'Aden...

Un point stratégique, le détroit de Bab al-Mandeb 

Ils sont maintenant tout près d'un point stratégique:  le détroit de Bab al-Mandeb. Ce détroit entre la mer Rouge et le golfe d'Aden commande le trafic maritime dans un des couloirs les plus fréquentés au monde (près de 40% du trafic international). Bab al-Mandeb sépare la péninsule Arabique de l'Afrique. Dans l'optique où les Houthis investissent ce point stratégique, le conflit risquerait fortement de prendre une dimension internationale. Cela, en raison des craintes que l'Iran, proche des milices chiites, ne prenne possession de ce lieu clé, sachant que le pays contrôle déjà le détroit d'Ormuz.

Si tel était le cas, l'Iran serait donc bénéficiaire de la prise de Bab al-Mandeb, et dans le contexte actuel des négociations sur le nucléaire iranien, pourrait s'en servir comme moyen de pression sur la communauté internationale...

Ce détroit a une importance stratégique pour divers pays tels l'Egypte, avec le Canal de Suez, ou Israël, avec son port d'Eilat, mais aussi pour les grandes puissances. Les Américains, par exemple, disposent d'une base à Djibouti, juste en face de Bab al-Mandeb.

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Le président Abd Rabbo Mansour Hadi, depuis Aden où il s'est réfugié, appelle à l'aide les pays arabes. Son ministre des Affaires étrangères, Ryadh Yassine, a quant à lui plaidé en faveur d'une intervention militaire des pays du golfe pour enrayer la progression des milices chiites.

Une intervention militaire au #Yémen n'enthousiasme pas grand monde et la solution politique est privilégiée. Cependant, les Houthis, à l'heure actuelle, ne semblent pas vouloir négocier. Ce qui provoque un blocage complet de la situation.

L'émissaire de l'ONU, Jamel Benomar, a d'ailleurs averti que la Yémen s'acheminait vers une guerre civile. La division entre le nord et le sud, entre chiites et sunnites, devient de plus en plus importante. Continuer les hostilités pourrait dès lors mener à un scénario syrien ou libyen... #Terrorisme