Un homme d'affaires de 58 ans a été condamné par un tribunal militaire de Bangkok, ce mardi 31 mars, à une peine ferme d'emprisonnement de 25 années pour avoir critiqué, sur #Facebook, le roi de #Thaïlande Bhumibol Adulyadej, âgé de 87 ans, présent sur le trône depuis 1950. Il est le doyen des chefs d'Etat toujours en exercice.

Une peine sévère et disproportionnée

Lors de l'audience, qui s'est déroulée à huis clos, le juge a estimé que « le prévenu a insulté la bien-aimée et vénérée monarchie thaïlandaise. » Il a ajouté que la peine était légère. La loi martiale étant en vigueur en Thaïlande, depuis que le pays est gouverné d'une main de fer par une junte militaire depuis mai 2014, le condamné ne peut pas faire appel du jugement.

Pour Sam Zarifi, directeur régional de la Commission internationale des juristes auprès de l'AFP, cette peine est « l'une des plus dures dont nous ayons eu connaissance ». Il considère qu'il s'agit quasiment d'une « peine de prison à perpétuité », étant donné l'âge du condamné.

Un signal inquiétant

Pour Amnesty International, qui a reçu le prix Nobel de la paix en 1977, c'est un « signal inquiétant (…). Paisiblement exprimer une opinion n'est pas un crime. »

L'organisation internationale qui défend les droits de l'homme dans le monde demande également que les condamnations pour crime de lèse-majesté, en recrudescence depuis que la junte militaire est au pouvoir, prennent fin.

Elle risque fort de ne pas être entendue car les autorités thaïlandaises ont annoncé que la loi martiale sera remplacée prochainement par un décret qui accorde les pleins pouvoirs au chef de la junte Prayuth Chan-ocha, qui est également Premier ministre depuis le 25 août 2014.

Derrière les images idylliques, la dictature

La Thaïlande est un pays qui tire une grande partie de ses revenus du tourisme. Derrière les images idylliques de plages de sable blanc et de monuments historiques de toute splendeur se cache une triste réalité à laquelle sont confrontés les Thaïlandais : la dictature.

Au moment où certains d'entre nous s'apprêtent à choisir la destination de leurs prochaines vacances estivales, qui approchent à grands pas, il serait certainement judicieux de ne pas trop se fier aux apparences. Et de porter son choix sur un pays qui ne bafoue pas en permanence les droits de l'homme... #Justice