En Indonésie, la condamnation à mort de Serge Atlaoui et de neuf autres personnes dans une affaire de trafic de drogue dans une usine de Tangerang ne fait pas autant débat qu'en France. Il faut dire que dans cet archipel constitué de plus de 17 000 îles, le plus grand au monde, les exécutions de ce type n'ont rien d'une exception. Ici, la peine de mort constitue le châtiment suprême, et vient punir les meurtriers, mais également les criminels impliqués dans le trafic de drogue, principalement en raison des deux millions d'Indonésiens (sur une population de 212 millions d'habitants) qui sont considérés comme dépendants de la drogue. Depuis 2007, seize personnes ont ainsi été exécutées, dont dix en 2008 et cinq en 2013.

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Dans le même temps, soixante-neuf personnes ont été condamnées à mort, et attendent leur exécution dans les geôles indonésiennes.



La fusillade comme mode opératoire



Généralement, les exécutions en Indonésie ont lieu la nuit pour éviter tout trouble dans les prisons où elles se déroulent. Le pays a choisi le peloton d'exécution pour appliquer la peine de mort : le condamné choisit d'être assis ou debout, de mettre une cagoule ou un simple bandeau. Face à lui, douze hommes, dont trois seulement font feu à balles réelles pour éviter un possible sentiment de culpabilité des tireurs. Le condamné est averti de l'exécution de la sentence 72 heures à l'avance. #Justice



Une population favorable à la peine de mort



Selon un sondage récent, 85% de la population indonésienne se dit favorable à l'application de la peine de mort aux personnes jugées responsables de trafic de drogue. De quoi comprendre la relative indifférence dans laquelle croupissent Serge Atlaoui et ses co-condamnés à mort depuis 2005. Ces données expliquent également la position du nouveau Président indonésien, Joko Widodo, élu en octobre 2014, qui a refusé la grâce du Français : au pays en effet, il est celui qui aujourd'hui tient tête à la France, mais aussi au Brésil ou encore à l'Australie qui tentent également de de sauver la vie de ressortissants condamnés en Indonésie. Dans cette optique, les pressions exercées par les autorités des pays concernés semblent vouées à l'échec puisque Joko Widodo doit se montrer ferme et ne pas céder face aux occidentaux pour satisfaire son peuple. Entre 1996 et 2012, 27 personnes ont été exécutées en Indonésie. Treize d'entre elles (dont douze étrangers) l'ont été pour trafic de stupéfiants.