Décidément le Moyen-Orient demeure fascinant et compliqué. Fascinant car c'est une région riche en pétrole, avec des Etats marqués par une gouvernance compliquée. Au Moyen-Orient les populations subissent la dictature de leurs dirigeants, la redistribution des revenus est inégalitaire, le pouvoir politique est confisqué par des Princes, des Rois héréditaires et par certains chefs d'Etat pour lesquels la gouvernance de leur pays est avant tout une affaire familiale.

C'est vrai en #Arabie Saoudite, c'est aussi le cas  du Qatar et de la Syrie. Les dirigeants de ces Etats et Royaumes essaient tant bien que mal de faire émerger du sable des villes et des centres commerciaux qui font la fascination du monde.

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Dubaï aujourd'hui est un centre d'affaires important qui attire les populations venant du monde entier. Cette carte postale heureuse ne doit pas cacher les conflagrations successives en Syrie, au Yémen, en #Irak, au Liban, en Palestine. Dans cet Orient compliqué, les acteurs sont à la fois des monarchies (Arabie Saoudite/Qatar) et des Etats (Syrie/Irak) dont les dirigeants sont souvent contestés.

Plusieurs lectures permettent d'expliquer l'embrasement du Moyen-Orient. Certains s'appuient sur la grille confessionnelle pour expliquer les oppositions entre les différentes tendances de l'Islam (Sunnite, Chiite) en insistant sur la volonté chiite représentée par l'#Iran ou la prérogative sunnite dominée par l'Arabie Saoudite et le Qatar. La réalité est beaucoup plus subtile car, derrière ce « nouveau » Moyen Orient qui se dessine, il y a un retissage de nouveaux rapports de force.

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On connait les antagonismes traditionnels dans le monde arabo-musulman. Au fond, on peut affirmer que la lutte confessionnelle pour une domination du Moyen-Orient en dehors d'Israël est, avant tout, politique et idéologique, alors que l'on présente les faits comme confessionnels et spirituels.

Il ne faut pas se tromper de combat car la lutte au Moyen-Orient oppose d'abord deux puissances régionales moyennes : l'Iran et l'Arabie Saoudite. Elles souhaitent, chacune à leur manière, prendre la place laissée vacante par l'Irak et la Syrie. L'Arabie Saoudite, dont on dit qu'elle aurait participé pour une part importante à l'organisation de l'Etat islamique ainsi que le Qatar, n'a pas intérêt (ainsi que l'Iran) à voir la Syrie et l'Irak redevenir des Etats fréquentables et stables. L'Iran et l'Irak vont donc, sous le prétexte fallacieux du choc identitaire et religieux qui domine la vieille rivalité entre sunnisme et chiisme depuis le 14ième Siècle, continuer à s'opposer de façon brutale.

Le monde, malheureusement, et les Etats-Unis en premier lieu, vont devoir s'habituer à un nouveau type d'affrontement au Moyen Orient entre Etats Arabes. Les USA viennent d'entrouvrir de nouvelles relations avec l'Iran, ce qui n'a pas l'heur de plaire à leurs alliés traditionnels, les saoudiens.

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Nous sommes au cœur d'une nouvelle configuration des relations internationales dans ce Moyen-Orient compliqué. A la traditionnelle opposition entre arabo-musulmans et Israël, les Etats-Unis et le monde vont devoir tenir compte de deux nouveaux acteurs : l'opposition entre l'Iran et l'Arabie Saoudite et l'émergence du terrorisme djihadiste (Etat islamique et autres mouvements terroristes) qui va forcément devenir structurel.