Le Burkina Faso est actuellement dans la tourmente. Mercredi, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues de Ouagadougou, la capitale du pays, pour réclamer des sanctions contre l'ancien président Blaise Campaoré. Celui-ci vit désormais, déchu, en Côte d'Ivoire et outre des accusations de crimes de sang, il est également accusé de détournements de fonds. Ces arguments expliquent qu'une bonne partie de la population n'en veut plus.

Ce mardi, une loi électorale, interdisant aux pro-Campaoré de se présenter aux prochaines élections du mois d'octobre, a été votée. Il s'agit là d'un vote sanction contre ceux qui voulaient changer la constitution pour que Blaise Campaoré puisse se représenter une nouvelle fois. Léonce Koné, le président du CDP, le parti de l'ancien président, dénonce toutes ces actions. « C'est de l'harcèlement et une tentative d'intimidation en prévision des élections d'octobre », indique-t-il. « Ils agissent pour déstabiliser et décapiter le parti pour la conquête du pouvoir par effraction. Tout cela dure depuis le mois d'octobre », souligne encore Léonce Koné. Sept cadres de l'Ancien Régime ont également été arrêtés. Ils sont accusés de malversations.

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La sanction politique est la solution

Dans l'autre camp, celui des anti-Campaoré, cette loi est une bonne nouvelle pour obtenir l'alternance du pouvoir dans les mois à venir. C'est le mouvement Balai Citoyen qui est derrière toutes ces actions et qui se félicite de la nouvelle législation en vigueur depuis cette semaine. « Il y a eu un crime politique et apporter une sanction politique est la solution », explique le porte-parole Guy Hervé Kam. « De ce point de vue, nous sommes très heureux et très satisfaits. Car c'est le début de la concrétisation de notre slogan que plus rien ne sera jamais comme avant », indique encore Guy Hervé Kam. Le Burkina Faso traverse donc une crise politique mais également économique. Car les manifestants ont également protesté dans les rues de la capitale contre la vie chère.