En raison des difficultés éprouvées par les populations à s'approvisionner en eau potable, le secteur des eaux minérales et de source connait depuis une décennie, un boom au Cameroun. A titre d'illustration, le leader sur le marché national a réalisé un chiffre d'affaires de 4,236 milliards de FCFA au premier semestre de l'année 2013. En 2014, ce résultat a été porté à 4,959 milliards de FCFA, soit une hausse de 10%.

Pourtant, parmi les opérateurs qui se sont lancés dans la commercialisation de l'eau, certains ne respectent pas les normes de qualité et de conditionnement. Ce qui est de nature à exposer les consommateurs à de graves problèmes de santé.

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Face à cela, le ministère en charge des questions de normes et de la qualité, vient d'autoriser 21 opérateurs à exploiter et à commercialiser leurs produits au #Cameroun. Cette liste d'opérateurs est en fait un permis d'exploitation collectif des entreprises disséminées sur l'ensemble du territoire national.

Un secteur libéralisé

Au-delà de tout, la prolifération des marques d'eau minérale et de source apparait comme un indice de vitalité du commerce de l'eau au Cameroun. Et c'est normal que, dans un secteur libéralisé, des opérateurs se livrent à une telle bataille des marques, certaines opérant sous licence et d'autres appartenant à des locaux. Pour leur promotion, les panneaux publicitaires sont partout visibles dans les grandes villes, alors que des spots inondent les médias.

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Dans les marchés, les supermarchés, les stations-service et autres espaces de vente, les conditionnements frappent par leur diversité. Ils sont présentés dans des bouteilles de 0,5 litre, 1,5 litre et des bonbonnes de 5, 10 ou 18 litres, pour des prix allant de 200 FCFA pour les bouteilles de 0,5 litre à 2 000 FCFA en moyenne pour la palette de six bouteilles. Des prix malheureusement hors de portée des couches défavorisées, celles qui s'approvisionnent dans les puits.

Le conditionnement en sachet

Pendant ce temps, certaines sociétés continuent à commercialiser leurs produits en toute clandestinité. Ce en dépit de la déclaration d'Armand Bisso Ndille, le chef de services des eaux minérales, des eaux de source et des eaux thermo-minérales qui soutient que « les opérateurs qui ne sont pas mentionnés dans le communiqué ne sont pas autorisés à exploiter.» Mais au Cameroun, il arrive que des décisions prises en grandes pompes, demeurent sans effet : on en veut pour preuve, l'interdiction relative aux sachets plastiques, aujourd'hui revenus en force sur les marchés.

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La santé des populations

Malgré tout, certaines sociétés sont autorisées à commercialiser l'eau dans des sachets de 330 et 500 ml. Mais il faut dire qu'au Cameroun, c'est effectivement le conditionnement en sachets qui présente le plus grand danger, parce souvent réalisé dans des quartiers, avec une eau de qualité douteuse et avec un plastique de polyéthylène, présentant des substances dangereuses pour la santé des populations.

Dans tous les cas, le doute persiste toujours sur la qualité de certaines eaux vendues au Cameroun. Les intérêts économiques étant face aux réflexes des fonctionnaires qui sont prompts à signer des actes, souvent non appliqués, et ce au détriment de la santé des populations.