Il y a quelques années, un déversement accidentel de pétrole, à 12 km des côtes, d'un terminal en mer, se produisait au large de la ville de Kribi au #Cameroun. En effet, à l'occasion du chargement du fuel dans un tanker de la plate-forme de la COTCO, qui gère le pipeline pétrolier Tchad-Cameroun, le vent avait provoqué la déconnexion du flexible et le pétrole a coulé sur le tanker. Cet incident était le deuxième du genre, depuis la mise en fonction du terminal de Kribi en 2003. L'autre accident était survenu le 15 janvier 2007, lorsque le pétrole brut se déversait dans les mêmes conditions. Mais ces accidents pourraient un jour avoir des conséquences graves et incalculables pour le milieu marin et le tourisme écologique.

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L'ignorance des populations

Du fait de l'ignorance des populations, il est temps de passer à l'étape de la sensibilisation. C'est dans ce sens qu'il a été organisé un atelier dans la ville balnéaire de Kribi, les 19 et 20 mars, à l'attention de la communauté côtière, sur le Fonds international d'indemnisation pour des dommages dus à la pollution par les produits pétroliers (Fipol). Mais il faut dire que jusqu'ici, le Cameroun n'a pas connu de cas d'indemnisation, alors que le comité du Fipol y a été mis en place en 2009.

Ce fonds intervient lorsque le propriétaire d'un navire pollueur ne peut assurer l'intégralité des indemnités à débourser, suite à un déversement d'hydrocarbures en mer ; ce qui n'est pas encore arrivé au Cameroun. Cela étant, compte tenu de l'activité maritime et pétrolière qui va davantage se développer avec les ports en eau profonde de Kribi et de Limbé, des installations industrielles, le ministère de l'Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable a préféré présenter le Fipol à la communauté côtière, en tant que mécanisme d'indemnisation.

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Ceci, en prévision des cas majeurs de pollution (marée noire) qui pourraient survenir le long des 400 km de côte du pays.

Sensibilisation des riverains

C'est en partenariat avec des acteurs du secteur pétrolier, que les pouvoirs publics ont organisé cet atelier de sensibilisation des riverains. Le bien-fondé du Fipol est important, au vu des impacts sanitaires, économiques et écologiques de la pollution des hydrocarbures en mer. Les dangers portent, entre autres, sur l'absorption de produits dangereux par les êtres humains, la destruction de la faune et de la flore. Ce qui pourrait être pour les populations riveraines, une source de conflit. L'application du principe « pollueur- payeur » est de mise. C'est dans ce contexte qu'est né le Fipol, dont la gestion incombe aux Etats-membres et le financement aux importateurs de pétrole.

Il est donc important que la gestion de ce fonds soit suffisamment maîtrisée par toutes les parties prenantes au Cameroun. Car en réalité, les administrations du secteur pétrolier comme les populations riveraines, qui subissent les déversements de produits pétroliers et des dépôts d'eaux usées et polluées par les navires, ne sont pas suffisamment outillées.

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L'atelier organisé visait donc une meilleure appropriation des procédures. #Ecologie