Arrêté dans un laboratoire clandestin de fabrication d'ecstasy à Jakarta, en Indonésie, Serge Atlaoui, âgé de 51 ans, est condamné deux ans plus tard à la peine de mort pour trafic de drogue.

Ce jeudi 23 avril, le #Gouvernement indonésien a annoncé la préparation des exécutions de dix condamnés à mort, principalement des étrangers, pour trafic de stupéfiants, dont Serge Atlaoui. A l'heure actuelle, aucune date définitive n'a été choisie. Une fois chose faite, les condamnés en seront avertis 72 heures avant. « Quand un surveillant va venir le chercher pour le placer à l'isolement, il saura qu'il n'a plus que 72 heures avant d'être exécuté », explique Sabine Atlaoui, son épouse.

Mardi dernier, la Cour suprême indonésienne a refusé le recours du Français Serge Atlaoui. Depuis, François Hollande et le reste du gouvernement se font de plus en plus entendre. Le président français n'a pas omis de rappeler à l'Indonésie son opposition à la peine de mort. Ce qui est loin d'être le cas du président indonésien, Joko Widodo. L'homme est connu pour son intransigeance face aux trafiquants de drogue.

Il aura « le choix de se tenir debout ou assis »

Le moyen d'exécution des condamnés a été décidé par le gouvernement indonésien. Interrogée par le 20 Minutes, Anne Dennis, responsable de la commission Abolition de la peine de mort d'Amnesty France, a expliqué en détail comment se déroulera cette tragique journée.

Les dix condamnés seront côte à côte. Serge Atlaoui découvrira, à cinq mètres devant lui, des tireurs. « Serge Atlaoui aura le choix de se tenir debout ou assis face au peloton d'exécution. On va lui proposer soit une cagoule soit un bandeau à placer sur les yeux », selon Anne Denis.

Si l'on en croit les informations fournies par l'association Ensemble contre la peine de mort, les exécutions se déroulent généralement la nuit en Indonésie. Le but étant de ne pas susciter l'agitation dans les prisons où ces exécutions sont mises en place.

De son coté, le Quai d'Orsay préfère faire abstraction de ces dernières nouvelles non réjouissantes. « Nous sommes concentrés sur les moyens d'action pour éviter que cette exécution n'ait lieu » déclare le porte-parole, Romain Nadal.

Pourquoi Serge Atlaoui est-il condamné à mort ?

Serge Atlaoui, Français de 51 ans, a été arrêté en 2005 et condamné en 2007 pour trafic de stupéfiants, avec 8 autres personnes. Depuis, l'homme n'a pas cessé de clamer son innocence.

Serge Atlaoui, s'il est exécuté en Indonésie, sera le premier Français exécuté depuis près de 40 ans. Sur place depuis 2005, l'homme se destinait pourtant à une vie paisible. Avant son installation en Indonésie, Serge Ataloui et son épouse, Sabine Atlaoui, vivaient aux Pays-Bas. Suite à des problèmes financiers, Serge Atlaoui accepte l'offre d'emploi qui lui a été faite par un Néerlandais qui le contraint à s'envoler pour l'Indonésie.

Alors qu'il est arrêté dans un laboratoire clandestin de fabrication d'ecstasy, Serge Atlaoui pensait qu'il travaillait dans une fabrique d'acrylique, pour un salaire de 2 000 euros par mois. En effet, le Français, pour sa défense, a toujours déclaré qu'il ignorait tout de la fabrication de stupéfiants. « Mon client s'est rendu à trois reprises sur place, pour des travaux de maintenance, explique son avocat, Me Richard Sédillot, au Parisien en 2008. Mais il n'y a jamais joué qu'un rôle subalterne, sans avoir aucune conscience de ce qu'avaient pu décider les organisateurs du trafic ».

Sans avoir touché le moindre salaire qui lui était dû, Serge Atlaoui n'a pas pu quitter l'Indonésie et rejoindre son épouse. #Justice