Après Obama le « noir », voici la première femme en passe de peut-être gagner l'élection présidentielle. Les Etats Unis sont décidemment un pays différent des autres, même si en Amérique latine et dans le reste du monde, on trouve des femmes à la présidence et à la tête des gouvernements.

Hillary Clinton va se présenter à l'investiture démocrate. En bonne professionnelle de la politique, elle a compris qu'il fallait faire de la politique autrement en s'inspirant d'Obama. C'est une femme d'expérience et d'Etat. Après avoir été « first lady » pendant 8 ans quand son mari Bill Clinton était Président, elle a assumé deux mandats de sénatrice et a été Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères sous Obama. Elle possède des ressources financières importantes et elle se met de façon humble en ordre de marche pour conquérir le pouvoir, d'abord du côté des démocrates et ensuite au niveau global, c'est-à-dire celui des Etats Unis.

Pour Hillary les difficultés commencent. Les Américains accepteront-ils qu'un troisième mandat soit présidé par les démocrates après avoir accepté l'exception républicaine Reagan/Bush, le père Bush ayant succédé aux huit ans de Présidence américaine de Reagan ? Hillary Clinton devra convaincre largement la population latinos alors que la population noire lui semble acquise.

Hillary a choisi de s'adresser d'abord aux Américains en menant une campagne que de ce côté-ci de l'Atlantique on qualifierait de campagne de gauche. Elle rêve de devenir présidente mais la route est longue, même s'il y a peu de concurrence du côté démocrate : deux candidats se sont déclarés mais ils restent peu connus. Il s'agit de Jim Webb et Martin O'Malley. A 67 ans, Hillary Clinton part avec une avance certaine sur ses opposants au sein du Parti démocrate. La grande difficulté sera de montrer que la Présidence qu'elle veut pour les Etats Unis sera différente de celle d'Obama et meilleure que celle-là. Pour elle, il s'agit d'apporter des réponses concrètes aux classes moyennes, aux homosexuels, aux laissés pour compte de la société américaine. En quête du job suprême, Hillary Clinton devra se méfier aussi de l'influence et de la trop grande présence de son époux Bill Clinton. Du côté de la politique étrangère, elle va réussir à transformer son soutien à Israël en vote en sa faveur par la communauté juive américaine. Sur d'autres dossiers au Moyen Orient ou dans le Pacifique, la société américaine attendra qu'elle soit élue pour éventuellement s'intéresser aux relations entre les Etats Unis et le reste du Monde. La politique étrangère intervient très peu dans l'élection du Président des Etats Unis.

En se présentant à la magistrature suprême, Hillary est en train de sceller dans le marbre la permanence des régimes dynastiques dans le modèle démocratique américain. On a eu les Kennedy, on a eu les Bush. Aujourd'hui, on aura peut-être les Clinton. La question n'est pas là tant que la compétition démocratique pour le pouvoir reste une donnée permanente pour le système politique américain. #Élections #Etats-Unis