Trois jours à peine après l'attaque des chebab, qui a coûté la vie à 148 personnes dont 142 étudiants à l'université de Garissa, la communauté chrétienne du pays s'est recueillie et a affirmé sa volonté de ne pas céder à la barbarie.

Pâques : les chrétiens kenyans se rassemblent

Malgré l'horreur du massacre des étudiants, majoritairement chrétiens, les célébrations religieuses du weekend pascal ont bien eu lieu, partout dans le pays, et ont massivement mobilisé les fidèles qui ont souhaité se recueillir ensemble. Si aucune cérémonie officielle n'a eu lieu, les célébrations de Pâques ont été naturellement dédiées aux victimes. A Nairobi, c'est dans une cathédrale bondée que l'archevêque anglican Eliud Wabukala a fait son sermon. "Les terroristes veulent provoquer la peur et la division dans notre société, mais nous devons leur dire 'vous ne vaincrez pas'" a-t-il clamé devant l'assemblée. Dimanche, un deuil national de trois jours a été décrété, marquant au fer rouge l'histoire du #Kenya qui n'avait pas connu d'attentats aussi meurtriers depuis l'attaque de l'ambassade américaine par Al-Qaida en 1998.

Les chebab contre les populations civiles

Littéralement «les jeunes» en arabe, les chebab sont à la tête de l'insurrection armée en Somalie, pays voisin plongé dans le chaos depuis 1991. Groupe terroriste intégré à Al-Qaida depuis 2012, les chebab ont mené de nombreuses actions meurtrières en Ouganda et au Kenya, en représailles aux opérations militaires menées par ces pays frontaliers depuis 2007, dans le cadre des actions de l'Amisom (African Union Mission in Somalia). Alors qu'ils perdent du terrain face aux troupes de l'Union, contraints d'abandonner plusieurs de leurs zones de contrôle, les miliciens somaliens se tournent de plus en plus vers les attentats-suicide et les attaques contre les populations civiles qu'ils accusent d'être responsables des actions de leurs gouvernements.

Dans un communiqué paru samedi matin, ils ont menacé à nouveau le Kenya, frontalier sur plus de 700 km, en réaffirmant leur volonté de débarrasser le pays de la présence chrétienne pour rendre ces terres d'#Afrique aux musulmans. «Jusqu'à cette date, le sang va couler à flots rouges dans les villes du Kenya, cela va être une longue, épouvantable guerre dont vous, la population kényane, êtes les premières victimes» ont-ils promis.

Appel à l'unité nationale

Si la majorité de la population du pays est chrétienne, environ 80% revendiquant leur appartenance à cette religion, la communauté musulmane y est importante. A Garissa, contre-exemple national, la majorité des habitants est de confession musulmane alors que les chrétiens sont eux, très minoritaires. Sur les 800 étudiants qui allaient à l'université, la grande majorité venait d'autres villes du pays d'où le grand nombre d'étudiants chrétiens inscrits. Alors que les terroristes ont minutieusement séparés les étudiants selon leur appartenance religieuse avant d'en massacrer une partie, divisant ainsi les communautés, les autorités du pays ont appelé tous les citoyens à la plus grande vigilance et au rassemblement. Samedi dernier, le président Kenyan, Uhuru Kenyatta avait appelé à l'unité entre les communautés chrétienne et musulmane. Kassan Ole Naado, l'un des dirigeants du conseil suprême des musulmans du Kenya, avait quant à lui mis en garde son pays contre les haines entre communautés religieuses. #Terrorisme