La méditerranée est devenue une tombe mouvante pour la plupart des africains qui fuient la misère, l’intolérance, les combats confessionnels et ethniques et la privatisation du pouvoir par certains satrapes africains. L’Europe verse de grosses larmes de crocodile dès que l’horreur dépasse l’entendement. L’Italie a été laissée toute seule en Europe face à ce problème de migration par mer. Il a fallu la disparition de 700 ou 900 hommes, femmes et enfants en haute mer pour que la communauté européenne se préoccupe d’une question qu’elle a plus ou moins permise de faire exister.

En intervenant en Irak, en considérant que Kadhafi devait partir de la Libye au nom des Droits de l’Homme (à la sauce occidentale), Européens et Américains ont créé un appel d’air vers leurs territoires pour des populations qui, hier, étaient cantonnées dans leurs pays malgré les problèmes politiques. On peut discuter de l’opportunité ou non de l’intervention des occidentaux, souvent motivés par l’odeur du pétrole et l’influence diplomatique. Force est de constater que Kadhafi arrivait à enrayer le passage des populations migrantes africaines vers l’Occident. L’Europe, aujourd’hui, est confrontée à un taux de chômage important. « Elle ne peut accueillir toute la misère du monde », pour reprendre l’expression de l’ancien Premier Ministre socialiste Michel Rocard. Que va-t-elle faire ?

Les Européens estiment que la question devient urgente et que l’Italie seule ne peut résoudre le problème de l’#Immigration formée par les Soudanais, Érythréens, Ghanéens, Nigérians, Éthiopiens, Ivoiriens, etc. A ce problème s’ajoute un autre plus politique et confessionnel : la guerre entre migrants lors de la traversée de la méditerranée au nom d’une posture confessionnelle. Des migrants catholiques ont été jetés par-dessus bord par des migrants musulmans, ce que ne manquera pas d’applaudir l’Etat islamique qui vient d’assassiner des Éthiopiens catholiques, souhaitant ainsi que le monde se convertisse à l’Islam.

Dans tous les magazines et les conférences, on nous dit que l’#Afrique est le continent de l’avenir et qu’il lui suffit d’adopter les règles de démocratie, d’alternance et de régulation par le marché pour lutter contre la pauvreté et pour faire la promotion d’une classe moyenne. Mais de l’avenir de qui parle-t-on ? Celui des investisseurs européens et occidentaux et de quelques familles dirigeantes africaines ? Tous les jours certains pays africains sont sous l’emprise des troubles politiques et militaires qui ne permettent pas une convergence des problématiques économiques vers le véritable développement et vers la lutte concrète et réelle contre la sous-alimentation, la pauvreté, l’éducation et l’organisation politique paisible.

En Libye, comme en Irak, l’Occident n’a pas mis en place les conditions politiques de leur après-intervention. Qu’il ne s’étonne pas de recevoir sous forme de boomerang les conséquences de son action de déstabilisation territoriale.