Une adhésion qui fait polémique

La cérémonie s'est déroulée au siège de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, aux Pays-Bas. C'est à huis clos que le Ministre palestinien des Affaires étrangères, Ryad al-Malki a reçu une copie du Statut de Rome, traité fondateur de la CPI qui symbolise l'engagement des membres en faveur du respect de l'état de droit. « Le monde a fait un pas de plus vers la fin d'une longue ère d'impunité et d'injustice. En effet, ce jour nous rapproche de nos objectifs communs de justice et de paix » a-t-il précisé lors de son discours. Cette entrée s'inscrit dans un processus de reconnaissance internationale qui avait été scellée en 2012 par l'obtention de la #Palestine du statut d'Observateur de l'ONU

Mais cette adhésion ne fait pas l'unanimité.

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Sans surprise, l'Etat hébreux n'a pas apprécié la nouvelle. Le ministère des Affaires étrangères israélien a qualifié cette décision de « politique et cynique ». Benyamin Netanyahou, quant à lui, est allé jusqu'à accuser le gouvernement palestinien de vouloir "manipuler" la CPI. De son côté, Ryad al-Malki a tenté de calmer les esprits. "La Palestine recherche la justice, pas la vengeance", a-t-il assuré. Il a par ailleurs invité #Israël à adhérer également à la CPI, ce qui n'a pas été au goût de Benyamin Netanyahou. En janvier dernier, le premier ministre israélien s'était opposé farouchement à cette procédure d'adhésion en des termes sans équivoque : "Nous ne permettrons pas que les soldats et les officiers de Tsahal soient traînés devant le tribunal de La Haye"

« Génocides, crimes contre l'humanité ou crimes de guerre »

Car si la mission de la CPI est de poursuivre les auteurs de génocides, crimes contre l'humanité ou crimes de guerre, les Palestiniens ont déjà annoncé qu'ils souhaitaient poursuivre les dirigeants hébreux pour crime de guerre ou crime liés à l'occupation, notamment à Gaza ravagée par les offensives lancées depuis 2008 et qui ont couté la vie à des milliers de palestiniens.

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Ils ont annoncé mardi dernier leur intention de déposer plainte contre le chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman pour ses propos prononcés la semaine dernière et incitant « à la décapitation de tous les traîtres de l'État en particulier des Arabes israéliens. »

L'Etat hébreux a-t-il de vraies raisons de s'inquiéter ?

Cette entrée dans la CPI est très symbolique mais au niveau pénal, elle ne peut définitivement satisfaire les défenseurs de la cause palestinienne. En effet, la Cour pénale internationale ne peut poursuivre que des individus et non des Etats et elle ne peut être saisie qu'en dernier recours, si toutes les procédures nationales ont échoué. Rappelons que dans ce cas précis, les juridictions nationales sont israéliennes…Gaza a encore de bien tristes jours devant elle.