Il y a un an, #Boko Haram enlevait 276 étudiantes au nord-est du #Nigéria. Cinquante-sept ont réussi à s'échapper, laissant 219 de leurs camarades aux mains du groupe terroriste.

Nigo, quatorze ans, a tenu à raconter son histoire au Fonds des Nations Unies pour la Population. Elle avait été captuée en novembre et était parvenue à s'échapper après quarante-cinq jours de détention.

"Je courais dans la rue à la recherche d'une cachette sûre. Je n'ai pas eu le temps de fuir, les hommes de Boko Haram me sont tombés dessus. Je pensais mourir", dit-elle en commençant son récit. Les rebelles l'ont prise avec des dizaines d'autres filles dans une maison, et les ont forcées à porter un voile recouvrant entièrement leur corps.

Les filles ont été forcées à faire le ménage, y compris la préparation des repas pour les combattants, et chaque matin, les hommes armés viennent pour compter les filles. Nigoo dit: "Je savais donc que nous sommes 44 filles dans la maison".

"Après chaque visite, ils nous ont dit qu'ils ont tué nos familles parce qu'ils sont infidèles, ils nous ont dit que nous sommes leurs esclaves, et qu'ils peuvent nous faire ce qu'ils veulent."

"J'avais peur, parce que je savais qu'une nouvelle vie allait commencer", Cette nuit-là, elle été violée par un homme de l'âge de son père, et ça a continué tous les soirs. "Je ne connais même pas son nom, il ne parle pas avec moi, je le vois juste durant la nuit."

Nigoo raconte : "Malgré la peur, je n'ai pas perdu l'espoir, je me suis dit je m'enfuirais un jour". Puis, accompagnée de quatre filles, elle a prévu de s'échapper. "Un jour, à environ 10h00 je me suis échappé avec quatre filles, nous avons quitté la maison en disant que nous allions visiter des amies prisonniers". Un peu plus loin, elles ont réalisé que trois hommes les suivaient, elles se sont alors cachées dans une maison abandonnée.

"Ils sont entrés dans la maison, je les voyais de la fenêtre. J'ai commencé à trembler. Un homme a approché de la porte de la chambre où nous étions, mais il a tourné au dernier moment et il est parti, on a attendu quelques minutes puis nous avons été à la périphérie de la ville, vers le lac du Tchad."

"Nous nous sommes cachés parmi les arbres et l'herbe, d'un trou à l'autre. Nous sommes arrivées au lac à environ 17h00." Les filles ont eu de la chance, les hommes qui étaient en patrouille autour du lac étaient absents ce jour-là, elles ont pu franchir la frontière du Nigeria et entrer au Niger. Elles se sont séparées à ce moment-là. "Je suis directement allée à la maison de mon oncle, où j'ai trouvé ma mère".

Le lendemain matin sa famille l'a emmenée à Agadez au Niger, où ils ont demandé l'aide médicale d'un programme pour les survivants de violence contre les femmes, soutenu par le Fonds de l'Organisation des Nations Unies pour la Population. Nigo a reçu un traitement qui comprenait un soutien psychologique.

Nigo vit actuellement avec sa famille à Niamey, et cherche à contourner l'expérience d'enlèvement, et à penser à l'avenir. "J'aimerais retourner à l'école pour poursuivre mes études, pour devenir médecin, plus tard, je veux aider les pauvres". #Terrorisme