Le Pakistan est l'un des pays où la peine de mort est la plus appliquée. Le pays a levé un moratoire qui existait sur ces pratiques au début du mois de mars. Depuis la mi-décembre, 65 personnes ont été pendues. Le 31 mars dernier, quatre personnes sont passées de vie à trépas. Plusieurs groupes de défense des droits humains dénoncent le traitement inadéquat que subissent les prisonniers.

Les gestes commis sont évidemment inexcusables. Les viols en série ou les meurtres desquels sont accusés les suspects ne doivent pas demeurer sans conséquences. Mais, les exécutions en série sont-elles le bon moyen? Il faut permettre à toute personne accusée de pouvoir se défendre correctement. La condamnation ne peut être effective immédiatement.

Le 31 mars dernier, les meurtres pour lesquels les trois accusés ont été reconnus coupable ne perdent pas leur gravité. Le rapt d'un enfant de trois ans est également préjudiciable pour le quatrième accusé. Mais, ces quatre hommes devraient avoir le droit à une défense appropriée et un traitement digne. Ce sont des principes de base dans une société de droit.

Les tribunaux antiterroristes sont régulièrement utilisés pour rendre plus rapide le processus de condamnation en cas de meurtre. En accélérant les condamnations, la défense a moins le temps de se préparer et le balancier de la justice est biaisé.

La levée du moratoire fait exploser les exécutions

À la mi-décembre, les autorités pakistanaises avaient levé partiellement leurs moratoires sur les exécutions en raison des attentats de Peshawar qui avaient fait 154 morts. Les autorités européennes avaient exprimé leur inquiétude à l'époque. En mars, lorsque le moratoire a été levé, l'#Union Européenne a encore une fois émis ses réserves. Il semble que le nombre d'exécutions soit hors de contrôle. Les 65 ont presque toutes été effectuées depuis le début du mois de mars.

Le Pakistan doit faire attention car son statut particulier qui lui permet d'exporter des tissus à faible coût en Europe est lié au moratoire contre les exécutions. L'Union européenne a déjà mentionné qu'elle était contre ces pratiques. Le Pakistan ne peut se permettre de perdre les revenus immenses générés par son statut. Le gouvernement pakistanais s'avance sur un terrain dangereux. #Asie