Aujourd'hui au Champ de Mars à Paris et un peu partout dans le monde, le slogan « Bring back our girls » sonne comme une complainte qui ne trouve pas de résonnance dans le champ politique. Le 14 avril 2014 les djihadistes islamistes de Boka Haram ont enlevé 270 lycéennes qui servent aujourd'hui de bombes humaines, d'objets sexuels et de bonnes à tout faire. A ces jeunes filles, on enseigne le maniement des armes pour que Boko Haram poursuive ses buts inhumains, à savoir détruire, tuer.

Il faut remercier la société civile occidentale de ne pas oublier ces jeunes filles. En revanche, on a l'impression que les sociétés civiles et politiques africaines restent en dessous de tout, même si au #Nigéria des mouvements spontanés continuent de réclamer le retour de ces jeunes lycéennes. La classe politique africaine semble autiste. Le Nigéria, concerné en premier chef, a laissé passer trop de temps pour combattre réellement Boko Haram. On espère que l'élection de l'actuel Président Buhari permettra de faire de la lutte contre Boko Haram un élément fondamental de l'agenda nigérian. Le Nigéria a montré des signes d'impuissance face à Boko Haram sous la présidence de Jonathan Goodluck, ancien Président de ce pays. Le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, fait la pluie et le beau temps de ce mouvement là où se trouvent ses territoires (forêt de Sambisa dans l'Etat de Borno et chaîne de montagnes séparant le Nigéria du Cameroun).

La communauté politique internationale semble se désintéresser de ce qu'il se passe au Nigéria. La communauté africaine est dépassée car ni les Etats frontaliers du Nigéria (Cameroun, Tchad, Niger, Bénin), ni l'Union africaine n'ont les moyens militaires, humains, logistiques, organisationnels et financiers pour venir à bout de façon définitive de Boko Haram. Le Tchad, dont le Président de la République, Idriss Deby, a apporté une aide significative au Nigéria et au Cameroun, semble étrangement seul dans cette lutte implacable contre la milice djihadiste.

Il reste à espérer que la conférence future de la CEDEAO (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest) qui va s'ouvrir bientôt mettra l'accent sur la lutte implacable contre Boko Haram. Sans lutte définitive contre le terrorisme, il n'y aura pas réellement de développement économique pour l'Afrique, même si les grands médias insistent sur le nouvel espace des possibilités économiques que représente l'Afrique du 21ième siècle. Il y a le discours pour lutter contre le terrorisme que tiennent les Etats africains dans les forums internationaux et il y a la triste réalité marquée aujourd'hui par le kidnapping des lycéennes nigérianes. #Jihad