C'est dans un contexte de panique collective que les autorités salvadoriennes ont pris la décision de réagir face à l'escalade de violence qui règne dans le pays depuis un mois. Bien que les deux grands groupes criminels soient officiellement en trêve, il y a eu 841 homicides en mars pour une population d'à peine 6 millions de personnes. Devant la peur créée au sein des communautés, le gouvernement a mis sur pied quatre bataillons de commandos afin d'affronter les gangs criminels du pays.

Les deux gangs les plus importants, la Mara 18 et la Mara Salvatrucha, effraient la population de Salvador. Depuis le Nouvel An, 1 194 personnes ont été victimes de ces groupes criminels, dont 23 policiers et 6 militaires. Ceux qui paient le prix de ces affrontements sont les civils majoritairement. Les Nations Unies reconnaissent la violence qui a cours au Salvador où il y a plus de 60 homicides par tranche de 100 000 habitants, selon leurs statistiques.

Utiliser la force pour contrer la force

Le président du Salvador, Salvador Sanchez Céren, a mis sur pied quatre unités stratégiques pour combattre les gangs. Trois de ces unités sont composées de policiers et la dernière de militaires. Leur mandat est de punir tous les délits. « Aucun crime ne restera impuni, indique le président. Cependant, nous apporterons notre soutien aux membres qui sont prêts à se repentir et se réinsérer au sein de la communauté ».

La répression est-elle la solution ?

Le président du Salvador est tiraillé entre deux choix difficiles. D'un côté, la population veut voir des résultats rapidement et les mesures répressives réussiront à court terme à calmer les ardeurs des gangs probablement. Mais, à moyen ou à long terme, les combats reviendront. C'est cyclique. Ainsi, Salvador Sanchez Céren doit s'assurer que les programmes de réinsertion sociale sont réellement efficaces. Sans quoi, le pays sera prisonnier de ces jeux de ruelles éternellement.

Plusieurs experts politiques, comme le politicologue Carlos Ponce, ont soulevé leurs inquiétudes quant à l'utilisation des bataillons. Le schéma ressemble particulièrement à celui des années de guerre civile entre 1980 et 1992 où plus de 75 000 personnes ont perdu la vie. Les forces de l'ordre et les deux groupes armés criminels sont dans une véritable lutte de pouvoir. Le différence est que cette fois, les criminels sont les mieux armés. #Amérique latine