Nous avons tous déjà entendu parler de l'affaire « Serge Atlaoui » de près ou de loin. Aujourd'hui, son nom est affiché partout sur la toile et fait réagir de nombreux internautes sur Facebook.

Les faits qui sont reprochés à Serge Atlaoui

Serge Atlaoui avait 41 ans lors des faits qui se sont déroulés en 2005. Artisan soudeur originaire de Metz, en Lorraine, il avait été arrêté en Indonésie dans la ville de Jakarta pour trafic de stupéfiants. Lui qui a toujours clamé son innocence dans cette affaire se retrouve condamné à la peine de mort en 2007.

Cette année-là, il reçoit la visite des reporters de Paris Match, à la prison de Cipinang où il est en train de vivre sans doute ses derniers jours.

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Durant cette entrevue il avouera qu'il était de passage en Indonésie pour « rembourser ses dettes ». Père de quatre enfants et époux de Sabine Atlaoui, son « petit » salaire de 1600 euros ne lui permettait pas de nourrir sa famille et de vivre décemment. C'est pourquoi il se décide à rejoindre l'Indonésie, sur les précieux conseils d'un de ses amis néerlandais, qui lui aurait promis un boulot et un salaire de 2 000 euros par semaine dans une usine d'acrylique. Une proposition alléchante qu'il s'empresse d'accepter.

Il se retrouve alors dans un laboratoire clandestin de fabrication d'ecstasy dans une banlieue de Jakarta. Mais c'était sans compter sur la descente d'un raid des forces spéciales qui interpelleront huit autres personnes après avoir pu constater la présence de 290 kilos de kétamine et 316 bidons de substances chimiques.

Les premiers pas d'un long périple

Serge Atlaoui a expliqué pendant sa garde à vue n'être « au courant de rien », et s'être retrouvé dans cette usine pour y « installer des machines ». Il a également affirmé qu'il était payé au noir, seul acte dont il est selon lui, coupable. Mais, d'après ses dires, il n'aurait pas touché l'argent promis.

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Il explique également dans un entretien qu'il avait accordé à l'AFP qu'il n'avait pris part à aucun trafic pendant les deux mois qu'il a passés sur place.

Le procès aura été très « dur » et « bâclé », selon la famille de l'homme, condamné à perpétuité. L'Indonésie est le pays le plus sévère avec les étrangers jugés coupables de trafic de drogue, le pays comptant quatre millions de toxicomanes. Deux ans plus tard, il fait appel en pensant s'en tirer « avec 15 ans de prison », mais la #Justice indonésienne décide de sévir davantage. Cette affaire est donc jugée de façon exemplaire pour ne pas laisser les trafics de stupéfiants prendre de plus en plus d'ampleur dans le pays. Le verdict éclate, Serge Atlaoui est condamné à la peine de mort. Ne perdant pas espoir, il se marie avec sa femme Sabine la même année.

Une peine qui servira d'exemple pour l'Indonésie

Les accusés indonésiens ayant écopé de 20 ans de prison, son statut « d'étranger » ne lui permettra pas de bénéficier des mêmes faveurs.

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C'est pourquoi, il se lance dans un long combat contre la justice indonésienne, demande la grâce présidentielle, refusée par le nouveau président Joko Widodo, intraitable sur le sujet.

Pourtant, la cour de Tangerang avait donné un « avis favorable » à la révision du procès du Français. Le retard de son exécution, il le doit à l'arrêt des exécutions entre 2008 et 2012 en Indonésie. Mais le processus va s'accélérer davantage en 2014, lors de l'élection du nouveau président.

Malgré les tentatives de François Hollande d'écrire à son homologue indonésien, en vain… L'ambassadeur de l'Indonésie en France est convoqué par la suite dans le pays, ce qui lui laisse la possibilité de changer la donne de cette sanction, jugée trop lourde, par la France. La Cour suprême a malgré tout rejeté l'ultime recours - l'ultime espoir - de Serge Atlaoui de voir son procès révisé. Son exécution devrait être imminente, au même titre que de nombreux étrangers condamnés à la même peine.

La toile réagit… plutôt mal

Malgré la demande de soutien de la part de la famille, les Français sont dans le désarroi total, si certains jugent la peine trop lourde, d'autres la trouvent justifiée. Pour Jean, « quand on va dans certains pays, on ne joue pas avec les lois. Eh oui, ce n'est pas la France. Arriver dans un laboratoire clandestin par hasard c'est assez dur à croire. Il faut connaitre du monde » avait-il lâché dans un débat lancé par RMC sur Facebook. Un anonyme a également partagé son ressenti sur l'affaire : « Quand il se remplissait les poches d'argent sale il était bien content, maintenant il n'a plus qu'à assumer ».