Spielberg aurait parfaitement le droit de porter plainte contre le Pentagone. Personne n'ira plus jamais voir son fameux film « Il faut sauver le soldat Ryan » transformé désormais en navet avec le comportement des autorités américaines vis à vis de leurs concitoyens abandonnés au #Yémen.

Mais il y a pire. Il n'y a plus de matériaux pour refaire ce genre de films plus tard. Là où les soldats de Hollywood réussissent à tous les coups, ceux du Pentagone et de la CIA échouent lamentablement et systématiquement. Il ne s'agit pourtant, dans le cas du Yémen, que d'une simple évacuation.

Alors, pourquoi Washington n'a-t-il aucun plan pour monter une opération de sauvetage ? La porte-parole du Département d'Etat américain, Marie Harf, nous donne une explication embarrassée et, pour le moins, tirée par les cheveux : "nous diffusons des avertissements depuis dix ans appelant à ne pas aller au Yémen". Tant pis pour ceux qui n'ont pas tenu compte de ces avertissements. Simple, non ?

Trop simple. Si les citoyens américains écoutaient leur gouvernement, ils n'iraient nulle part. Dans son souci permanent de garder la population étatsunienne dans la peur et dans l'idée que sa sécurité est plus que précaire, le Département d'Etat émet avertissement après avertissement concernant les déplacements dans presque toutes les parties du monde. Pas chez les Arabes, attention aux Chinois, gaffe pour l'Amérique du Sud, surtout pas la Russie, évitez les banlieues françaises et, si vous êtes juif, oubliez carrément la France, n'allez pas au Liberia sans avoir été vacciné contre tout et sans votre valise de médicaments, ne pensez même pas au Nigeria si vous êtes une jeune collégienne, etc…

Si les autorités américaines ne lèvent pas le petit doigt pour rapatrier leurs ressortissants, c'est peut-être tout simplement parce que ces ressortissants n'ont pas besoin d'être rapatriés et qu'ils sont bien à leur place. Peut-on imaginer une seconde une guerre commanditée par les #Etats-Unis et menée par ses proxies, sans qu'il y ait une présence américaine sur place ? Difficile à croire. Un minimum d'agents américains sur place est requis pour marquer les cibles, collecter et transmettre les renseignements, et au besoin mener quelques opérations clandestines.

Les quelques centaines de citoyens américains soi-disant coincés au Yémen auraient pu s'embarquer à bord de n'importe lequel des bateaux ou avions qui ont évacué les ressortissant étrangers. La Russie, l'Iran ou la Chine aurait été trop contente de « rendre ce service » à l'Oncle Sam pour toutes les raisons que nous devinons. S'ils n'ont pas profité de l'occasion, c'est qu'ils ne devaient surtout pas bouger du Yémen. Ceux qui devaient partir sont partis bien avant la première frappe. On se rappelle que sitôt après les attentats commis par l'#Etat Islamique dans deux mosquées de Sanaa le 20 Mars et qui ont fait au moins 142 morts et 351 blessés, les Etats-Unis avaient fait le nécessaire pour évacuer tout ce qui devait l'être. Toujours la même rengaine : des attentats qui tombent toujours à pic pour permettre de déclencher un agenda.

Selon Spielberg, le soldat Ryan avait refusé de quitter son poste malgré l'insistance de ses sauveteurs. Les soldats Ryan du Yémen ont dû voir le film. Eux non plus ne veulent pas bouger de leurs postes. Finalement, tout n'est pas perdu pour Spielberg. Il pourra faire une suite, mais cette fois au Yémen.

Avic - Réseau International