La coalition des pays arabes, menée par l'Arabie Saoudite, continue à faire résonner des bruits de bottes aux frontières du #Yémen, maintenant ainsi la pression sur les belligérants et les pays qui les aident... Depuis deux semaines, des raids aériens sont menés sur le sol yéménite. N'est-ce plus suffisant?

Le Cheikh Abdallah Ben Zayed Al-Nahyane, ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis, a déclaré mercredi 8 avril: "Nous ne pouvons pas mettre de limites à nos choix", acceptant ainsi la possibilité d'une intervention terrestre de la coalition arabe au Yémen. En outre, il a critiqué la politique de l'#Iran, accusé de soutenir les rebelles chiites houthis par le biais d'armes et de financements.

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Selon le Cheikh Abdallah, l'Iran tente d'élargir son influence régionale en s'immisçant dans les affaires de l'Irak, de la Syrie, du Liban, et du Yémen.

Même en Afghanistan, les islamistes du Hezb-e-Islami de Gulbuddin Hekmatyar, un des doyens du djihad antisoviétique afghan, ont proposé d'envoyer des "milliers" de combattants au Yémen pour y aider la coalition saoudienne, déclarant que "tous les musulmans doivent s'unir contre l'Iran".

Le cas difficile du Pakistan

L'Arabie Saoudite avait demandé des avions, des bateaux, et des hommes. Islamabad de son côté temporise. Pris entre deux feux, le gouvernement pakistanais est divisé... D'un côté, les Saoudiens sont un allié historique du Pakistan, apportant une aide économique considérable. De l'autre, l'Iran est son voisin avec une frontière poreuse.

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De plus, le Pakistan compte une population chiite importante, la deuxième après celle de l'Iran. Dès lors, le pays souhaiterait privilégier la solution négociée.

Le parlement a voté ce vendredi 10 avril, et la réponse est tombée: le Pakistan restera neutre dans la crise du Yémen. Les parlementaires appellent le gouvernement pakistanais à intensifier ses efforts pour dégager une solution pacifique à ce conflit qui pourrait réellement fragiliser le Moyen-Orient et la région.

La diplomatie iranienne s'active cette semaine

Bien que n'ayant jamais reconnu officiellement aider les rebelles houthis et clamant haut et fort sa désapprobation pour les frappes de la coalition, l'Iran paraît vouloir trouver une solution négociée au conflit. Les diplomates de Téhéran voyagent beaucoup cette semaine.

Le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, qui était en visite officielle au Pakistan, prône tout comme son collègue pakistanais le dialogue "intra-yéménite" et tous deux veulent faciliter les discussions au Yémen, ainsi que réfléchir aux moyens pacifiques pour l'issue de ce conflit.

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Le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Morteza Sarmadi, en visite officielle en Algérie, après avoir été en Libye, tient sensiblement le même discours, mais précise en plus que l'Iran serait même prêt à dialoguer directement avec l'Arabie Saoudite, chef de file de la coalition. "Rien ne s'oppose à ce dialogue entre deux pays voisins", dit il. Une ouverture vers une solution diplomatique? Cela a au moins le mérite de faire avancer le processus.

Une solution diplomatique entre les Houthis et le pouvoir "fantôme" du président Hadi, se fera peut être, souhaitons le. Mais cela ne résoudra pas le problème latent de AQPA, qui, profitant de la situation, étend ses territoires dans l'est.  Ni non plus celui de Daesh qui, soyons en sûrs, en profite aussi pour bien s'ancrer.