C'est ce qu'on pourrait appeler une révolte sans lendemain, un coup d'épée dans l'eau qui n'aura pas servir à grandchose. Deux jours après avoir tenté un coup d'état, le général Godefroid Niyombare, chef des putschistes, a reconnu son échec face aux hommes du président actuel du Burundi, Pierre Nkurunziza. Que s'est-il donc passé pour qu'un formidable coup d'état soit à ce point inefficace, alors même que le président actuel n'était même pas sur le territoire burundais, mais au Tanzanie? Retour sur les événements qui ont secoué le pays africain.

Un mandat de trop

La colère gronde dans les rues du Burundi depuis quelques temps déjà.

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La raison ? L'actuel président, Pierre Nkurunziza, qui non content de gouverner le pays depuis dix ans déjà, envisage de se représenter pour un troisième mandat. Chose totalement interdite dans la Constitution du pays mais… Le président aurait convaincu la Cour constitutionnelle du bien fondé de sa requête en insistant sur le fait qu'il n'avait pas été élu au suffrage universel lors de son premier mandat. Sur quoi la Cour aurait opiné, sous le coup de menaces de mort selon plusieurs opposants au régime. Quoi qu'il en soit, Nkurunziza a annoncé sa candidature le 25 avril dernier en tant que candidat du parti présidentiel, soulevant la population burundaise, qui s'est retranchée derrière le général Godefroid Niyombare pour tenter de faire basculer le pouvoir en place. Ce mercredi, les putschistes ont profité que le président était en déplacement en Tanzanie pour pénétrer dans l'enceinte d'une radio privée et d'annoncer aux auditeurs que le président était destitué de ses fonctions.

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Les loyalistes trop nombreux

Mais il n'aura fallu que quelques heures aux soldats loyalistes à leur président pour contrer les putschistes. « Personnellement, je le reconnais, notre mouvement a échoué. Nous avons rencontré une trop grande détermination militaire pour soutenir le système au pouvoir », a déclaré Cyrille Ndayirukiye, numéro deux du mouvement contestataire. « Nous avons décidé de nous rendre. J'espère qu'ils ne vont pas nous tuer », a également annoncé à un journaliste de l'AFP le général Niyombare. À l'heure actuelle, plusieurs membres des putschistes ont été arrêtés par les forces de l'ordre burundaises, sans qu'il soit possible de savoir quel sera leur sort, alors que le général Niyombare est toujours traqué par ses opposants.

De son côté, le président Nkurunziza est revenu avec précipitation de la Tanzanie. Après avoir séjourné quelques heures dans sa ville natale, il a rejoint Bujumbura ce vendredi en début d'après-midi et s'est adressé à son peuple plus tard dans la journée.

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S'il minimise le mouvement de révolte, il tient à ce que les Burundais manifestent leurs griefs dans le calme et la non-violence. Ils ne l'ont visiblement pas écouté : pour le moment, des manifestations entre révoltés et policiers ont toujours lieu dans la capitale de Bujumbura et ne semblent pas sur le point de se calmer. Une vingtaine de personnes ont trouvé la mort lors de ces derniers jours, les blessés se comptent désormais par centaines, et on ne compte plus les milliers de réfugiés qui ont dû tourner le dos à leur pays. #Afrique