Coup dur pour le #Journalisme international. La semaine dernière, au #Canada, le quotidien La Presse a révélé que le journaliste François Bugingo aurait inventé plusieurs reportages de toutes pièces. Spécialisé dans l'actualité internationale, il a été immédiatement suspendu par plusieurs médias avec lesquels il collaborait.

Des scènes imaginaires

L'enquête menée par La Presse révèle que plusieurs reportages internationaux signés par François Bugingo seraient sans fondement puisque les scènes décrites par le journaliste auraient été inventées. Dans l'un de ses reportages en Libye, par exemple, François Bugingo affirme avoir été témoin d'une exécution après la prise de Misrata par les rebelles libyens. En réalité, le journaliste n'aurait jamais mis les pieds dans cette ville.

Contrairement à ce qu'il a pu affirmer dans les médias ou sur son blogue, François Bugingo n'aurait jamais trinqué avec les tireurs d'élite serbes, à Sarajevo en 1993. Il n'aurait pas non plus négocié la libération d'un journaliste pris en otage par les terroristes d'Al-Qaïda, en Mauritanie, en 2011. Pas plus qu'il serait allé couvrir le conflit au Rwanda lorsqu'il avait 20 ans.

François Bugingo est « désolé »

Depuis la révélation de cette affaire, le principal intéressé, qui prétend avoir couvert l'actualité dans 152 pays, a refusé de répondre aux médias et s'est contenté de publier un message sur sa page Facebook : « Comme vous, j'ai vu et lu cet article dégradant qui m'est consacré dans un quotidien montréalais. Je suis sidéré par cette attaque, et je suis désolé que mes employeurs actuels y soient mêlés malgré eux. Depuis deux ans que vous me suivez quotidiennement à la radio, à la télé, dans le journal et sur les plateformes numériques, vous savez bien que l'information que je vous partage est toujours vérifiée, solide et respectueuse de votre attention. Je vous remercie de cette confiance que vous me témoignez et tous les mots de soutien que vous m'adressez depuis la parution de l'article ce matin. Je défendrai mon intégrité en temps et lieux, ainsi qu'aux instances concernées ».

Le risque du métier

Lorsqu'une radio, une télévision ou un journal publie les papiers d'un journaliste, ce risque de malveillance est inévitable, comme l'explique Michel Cormier, le directeur général de l'information à Radio-Canada : « On n'est jamais à l'abri de gens qui vont dire des faussetés à l'antenne ». Et d'ajouter : « Nous, à Radio-Canada, on a un code de déontologie, des normes et pratiques très sévères qu'on impose à nos journalistes. On prend toutes les mesures possibles pour éviter ce genre de choses ».

Enfin, ce genre de dérive est plus probable en presse-écrite qu'à la télévision car dans ce dernier cas, le journaliste doit rapporter des images, des reportages filmés. Il ne peut pas se contenter d'inventer un récit.