Un pays sans parti politique

Uniques élections libres et mixtes, ces élections des conseillers municipaux qataris ont lieu tous les quatre ans, depuis 1999. Elles visent à élire 29 députés qui siègeront au Conseil municipal central.

Si l'émirat du Qatar est dirigé par la famille Al Thani depuis 1971, ce passage aux urnes des citoyens est plus symbolique que démocratique, dans un pays où il n'y a aucun parti politique. Car le Conseil élu n'a pas de rôle décisionnel mais un pouvoir de consultation et de surveillance. Il est chargé de transmettre ses recommandations au Ministère de la municipalité. Sur les quatre dernières années écoulées, seul un tiers des recommandations ont été prises en compte par les autorités.

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Une faible mobilisation

Si les candidats jouent le jeu de l'élection libre, enchainant débats télévisés et meetings électoraux, allant même jusqu'à faire du porte à porte, les qataris ne se déplacent jamais en masse pour voter. Malgré la rareté de l'occasion, ils étaient moins de 45% à avoir pris le chemin des urnes en 2011. Pourtant, le Conseil municipal travaille sur le quotidien des habitants : prix, logement, infrastructures de la ville. Une démobilisation qui traduit le peu de poids de l'institution.

Vers un quota de femmes ?

Ces élections ont pourtant un intérêt bien réel, loin du poids des urnes : la participation des femmes, qui ont le droit de se présenter pour se faire élire - et aussi le droit de voter. Dans un pays conservateur et patriarcal où la condition féminine est difficile, la mesure a de quoi étonner.

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Si la porte est ouverte, peu osent la franchir. Cette année, elles sont 5 femmes sur 118 candidats au total à être entrées dans la course. Cependant, une femme a réussi l'exploit. Depuis sa première élection en 2003, Cheïkha Jufaïri est toujours sortie gagnante des urnes et continue de siéger au Conseil. « Ce serait décevant si une seule femme était élue cette fois-ci. » confie Amal Issa el-Mohannadi, candidate pour la deuxième fois consécutive.

Pour palier à cette sous-représentation, de plus en plus d'appels en faveur d'un quota de femmes se font entendre dans l'émirat. Dans cette petite fenêtre sur le monde politique, beaucoup espèrent trouver leur place : les femmes certes mais aussi les habitants du pays qui ne sont pas qataris…Les autochtones ne représentant que 10% des habitants.

Alors que les premières élections législatives promises par l'Emir Hamad ben Khalifa Al Thani en 2013 n'ont jamais vu le jour, on peut s'interroger sur les futurs choix d'ouverture que fera la famille princière. Continuera-t-elle a créer l'illusion où entamera-t-elle le long processus de la démocratisation? Avec l'organisation de la Coupe du Monde de football en 2022, le Qatar devra nécessairement s'ouvrir, au moins le temps d'accueillir cette fête populaire internationale. #Moyen Orient #Élections