BLASTING NEWS. Qu'attendez-vous de cette visite du président français à #Haïti ?

François-Frantz Cadet : Qu'enfin Haïti et son peuple soient traités pour ce qu'ils sont. Haïti et la France ont un passé commun que les historiens français semblent oublier. Si dette il y a, qu'elle soit reconnue officiellement et qu'enfin cette « île- perle », dépouillée de ses atouts des XVIIIe et XIXe siècles, soit remise dans ses droits humains. Que les enfants d'Haïti reçoivent l'éducation et les formations appropriées. Il n'y pas de pauvres en Haïti, il y a un peuple appauvri à qui il ne reste que sa richesse culturelle nourrie du métissage de ses origines : l'africaine, l'amérindienne et l'européenne.

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BLASTING NEWS. Quid des moyens de coopération ?

François-Frantz Cadet : Il faut qu'ils soient réellement mis au service du peuple haïtien. Qu'on fasse confiance aux organisations de la société haïtienne qui est courageuse et porteuse de véritables projets d'avenir. Point besoin d'une élite politique et économique qui livre le pays aux méfaits de la mondialisation. Ni même des organisations internationales qui semblent singer la gouvernance locale tant décriée. Il faut un nouveau point de départ dans les rapports à établir entre les deux États. Les richesses culturelles cachées d'Haïti font de ce pays la plus belle réserve patrimoniale.

BLASTING NEWS. Que pensez-vous des propos de #François Hollande sur l'esclavage?

François-Frantz Cadet : Le président a certes fait l'éloge de l'armée indigène qui a infligé à l'armée Napoléonienne l'une de ses défaites les plus oubliées de l'histoire.

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Il a aussi déclaré : « ce mémorial permettra de dire au monde que le combat pour la dignité humaine n'est pas terminé ». Mais l'esclavage moderne demeure sur le territoire haïtien avec les restavecs. C'est aussi le cas en République Dominicaine dans les batays et dans les plages de Punta Cana voire dans les bidonvilles de Miami, de Saint-Denis et d'autres…

BLASTING NEWS. Quelles sont vos craintes et vos espoirs en cette année d'élections?

François-Frantz Cadet : J'espère que l'immaturité politique des Haïtiens, conséquence de trois décennies de dictature, ne favorise pas l'émergence de petits profiteurs mesquins avides d'un pouvoir qui ouvre le droit au despotisme et à l'impunité. Je souhaite le retour des élus locaux.

BLASTING NEWS. Que manque-t-il à Haïti pour parfaire sa reconstruction?

François-Frantz Cadet : Il manque un réseau solide de formations adaptées aux vrais besoins du pays. La valorisation des ressources naturelles agricoles dans une agro-industrie au service d'un peuple à nourrir.

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Je parle là des cultures vivrières, des produits bovins, laitiers, avicoles et caprins… Il faut qu'on puisse transformer des produits à haute valeur ajoutée comme le café, le cacao ou le vétiver. Pour accompagner tout cela, il est nécessaire de renforcer les institutions. Les infrastructures routières, hospitalières et immobilières doivent se poursuivre et l'émergence d'activités touristiques d'un nouveau genre est attendue. La réussite passera par la confiance accordée aux Haïtiens porteurs de projets et acteurs de leur propre développement.