La 1ère visite éclair de #François Hollande à #Haïti est, certes, un symbole fort. Mais elle ne pourra mettre sous le tapis les nombreuses difficultés d'un pays meurtri par le passé colonial et, plus récemment, par une catastrophe naturelle dévastatrice. 

Les blessures du séisme meurtrier de 2010 ne sont pas refermées. 230 000 morts, plus d'1,5 million de personnes sans abris, des dégâts matériels monstrueux. Les 12,4 milliards de dollars d'aide humanitaires n'ont toujours pas été entièrement touchés. Et pourtant, la "perle des Antilles" reste toujours à la merci d'une catastrophe naturelle. Il n'y a pas plus convaincus que les Haïtiens de la nécessité du succès de la conférence de Paris sur le climat.

Le relogement des sinistrés demeure une grosse épine pour le gouvernement haïtien. Si des efforts sont actuellement réalisés, près de 65 000 personnes vivent dans des camps de fortune depuis cinq ans.

Par ailleurs, le manque de moyens financiers et les nombreuses défaillances des services publics entraînent des conséquences désastreuses. Les jeunes en sont les principales victimes. Près d'un enfant sur deux de moins de cinq ans souffre de malnutrition dans le pays. « Si un enfant ne reçoit pas suffisamment d'éléments nutritifs pendant les 1,000 premiers jours, le cerveau et le corps ne vont jamais se développer pleinement, ce qui aura des conséquences sur les performances à l'école et plus tard sur leurs capacités à générer des revenus », s'inquiète l'Unicef.

La santé publique reste très fragile. Pour preuve, Haïti doit regretter une nette augmentation des cas de choléra à cause du manque de fonds et de la saison des pluies. 11 721 cas pour 113 décès ont été recensés du 1er janvier au 28 mars dernier. Et ça risque de s'accélérer.

La démocratie continue, elle, de se construire. Non sans difficulté. Le président Michel Martelly doit organiser les élections mais les inquiétudes grandissent. Le 26 octobre 2014, ce dernier avait décidé de reporter les élections au vu des difficultés à organiser le scrutin.