Pour une agriculture respectable et écologique

Initiée en 2013 par la mouvance Occupy aux Etats-Unis, la Marche mondiale contre Monsanto se réclame d'une dynamique citoyenne et rassemble tous ceux qui souhaitent agir pour lutter contre le monopole Monsanto et leur « système agricole destructeur », partout dans le monde. Pour cette nouvelle édition, une cinquantaine de pays se sont mobilisés et la marche est programmée dans plus de trente villes françaises. Coordonnées par le collectif d'associations Combat Monsanto et le collectif Les Engraineurs, les manifestations françaises se veulent sans étiquette de partis ou d'organisation avec un seul mot d'ordre : Aux graines citoyens ! Un mouvement libre et spontané qui prend de l'ampleur et qui témoigne d'un nouveau paradigme mondial, malgré le silence des médias.

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Contre la privatisation du vivant

De la fabrication d'aspirine au début du XXème siècle au gène « terminator » commercialisé à l'international, la firme Monsanto a fait du chemin. Produisant aujourd'hui 90% des OGM dans le monde, elle a bâti sa fortune sur ce quasi-monopole. En faisant breveter les semences OGM issues de ses laboratoires, elle interdit de fait leur reproduction à tous ceux qui les utilisent. Un système qui oblige les agriculteurs à racheter chaque année les graines dont ils ont besoin pour faire vivre leurs cultures. Une appropriation du vivant qui soulève régulièrement l'opinion publique internationale et le monde agricole mais qui, jusqu'ici, n'a jamais fait vaciller le géant américain.

RoundUp et agrochimie : le royaume Monsanto

C'est sous le slogan « Assez d'empoisonnement ! » que la marche contre Monsanto réunira les citoyens.

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Outre les semences OGM, ce sont les produits phytosanitaires qui sont dans le viseur des associations, notamment le célèbre RoundUp, commercialisé depuis 1975. A base de Glyphosate, cet herbicide est le plus vendu au monde. Utilisé aussi bien dans les champs que dans les villes, le glyphosate est largement présent en France, puisqu'il est utilisé sur un tiers des champs de blé du pays.

En mars 2015, le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) a jugé « probablement » cancérigène le Glyphosate, pointant ainsi du doigt la firme américaine, qui détient la principale part de marché grâce à son RoundUp. Face à ses nouvelles études, Monsanto est passé à l'attaque en dénonçant la procédure du CIRC. En France, la « plateforme Glyphosate » regroupant plusieurs industriels du secteur dont Monsanto, a réagi en publiant un livre blanc de deux pages seulement, affirmant que « le glyphosate n'est pas cancérigène », basant cette affirmation sur « Des centaines de publications scientifiques. »

Etats-Unis : Monsanto au pouvoir

Depuis le très polémique Monsanto protection Act validé par Barack Obama en 2013 et qui protégeait la firme des condamnations judiciaires face aux actions des agriculteurs, une étude publiée par l'ONG américaine Food and Water Watch a mis en lumière les liens étroits entre le géant industriel et les diplomates américains, partout dans le monde.

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Dans son rapport datant de mai 2013, l'ONG dénonce « une campagne soigneusement conçue pour briser la résistance aux produits génétiquement modifiés à l'extérieur des Etats-Unis, et ainsi aider à promouvoir les profits des grandes entreprises agrochimiques américaines, qui dominent la production de maïs, de soja et de coton outre-Atlantique »

Si la législation américaine n'offre aucune résistance aux produits Monsanto, l'Europe est-elle en passe de devenir leur nouveau terrain de jeu ?

Europe : le nouvel Eldorado ?

En avril dernier, l'Union européenne a validé la commercialisation de 19 OGM dont 11 commercialisés par Monsanto, portant à 75 le nombre des OGM pour l'alimentation humaine et animale autorisés à l'importation pour une commercialisation au sein de l'Union. Une décision qui a fait réagir Greenpeace qui accuse le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker d'agir « en faveur des intérêts des Etats-Unis et de Monsanto ». Incapables de parvenir à une majorité pour ou contre cette commercialisation, les états européens se verront donc autorisés à annuler ou restreindre cette application au sein de leurs frontières. Une décision européenne qu'a vivement dénoncé l'eurodéputé écologiste José Bové qui a appelé le Premier ministre français Manuel Valls à «se montrer très ferme en interdisant ces OGM en France».

Affirmant que « l'#Agriculture biologique, sans OGM ni pesticides toxiques, respectant les équilibres climatiques, ne doit pas devenir une niche commerciale réservée à un public averti ou privilégié », les organisateurs français de la marche mondiale contre Monsanto rassembleront aussi sous la bannière « OGM et Tafta, même combat ! », espérant influer sur les choix politiques. Car si Monsanto place actuellement ses pions en Europe, dans l'air comme dans nos assiettes, le Grand Marché Transatlantique de demain lui offrira sans conteste la place du roi. #Ecologie