L'échec du coup d'Etat au Burundi doit permettre aux Africains de réfléchir de façon posée à l'avenir de leur continent en matière de #Démocratie et d'élections politiques. Le coup d'Etat conduit par le Général Godefroy Nyambore a été un échec car il n'a réfléchi, ni à l'objectif à atteindre, ni aux contraintes politiques du coup d'Etat à faire. Il a profité de l'absence du Chef de l'Etat, Pierre Nkurunziza, en déplacement à Dar-es-Salam en Tanzanie, pour répondre à l'attente d'une partie de la population burundaise qui ne souhaitait pas un troisième mandat de Pierre Nkurunziza.

Une mauvaise estimation de la situation du Burundi

Le général putchiste a surestimé la capacité de mobilisation de ses frères d'armes et celle de la population.

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Il a cru qu'il suffisait de répondre à une partie de la population qui ne voulait plus de Pierre Nkurunziza comme Président. Sur le terrain il a bien constaté que les chefs des partis politiques de l'opposition, ainsi que la population étaient absents, ce qui permet de donner raison au Président Nkurunziza quand il affirme que le reste du pays est en paix et que la révolte n'est que le fait de la ville de Bujumbura. Le Président estime que les accords d'Arusha, qui mettaient fin à la guerre civile, lui ont permis d'être le Président de la République en 2005 grâce à un comité consultatif et non grâce au vote du peuple. Il a été élu en 2010 et il estime que c'est son premier mandat et qu'il a le droit à un deuxième mandat en 2015.

Que les Africains construisent leur propre modèle

On peut ne pas être d'accord avec cette façon d'interpréter l'accord politique de 2005 et la Constitution burundaise, mais il faut reconnaitre au Président Nkurunziza une cohérence.

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Il faut que les oppositions africaines ainsi que les majorités apprennent à mieux comprendre ce qui fait leur spécificité dans le monde actuel. On a vendu aux pays africains le concept de la démocratie grecque comme vertu essentielle des peuples. Les Occidentaux qui ont vendu ce concept, n'ont pas dit à ces mêmes populations africaines que, dans la démocratie grecque seuls les hommes libres (c'est-à-dire un petit nombre) avaient le droit de vote, les autres et les femmes en étaient exclus. Que les Africains construisent leur propre approche constitutionnelle de leurs régimes politiques. Qu'ils fondent leur analyse politique de leurs régimes politiques sur la notion que je qualifie de « Communs », c'est-à-dire de partage, de solidarité et de dialogue pour le pouvoir.

Futures élections présidentielles en Afrique: une occasion à ne pas louper?

Le concept actuel de démocratie à l'Occidentale est vicié par la notion d'appropriation privée du pouvoir politique au nom de l'alternance politique.

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L'alternance politique est le mémento, la prière en canon d'une messe qui valorise le faux échange dans le contexte africain. Au Congo Brazzaville, en République démocratique du Congo, au Gabon, au Burundi, en Côte d'Ivoire vont avoir lieu des élections présidentielles. On n'est pas obligés de suivre l'agenda occidental, on peut, en fonction des cas spécifiques à chaque pays, dialoguer, réfléchir, se mettre autour d'une table.

L'échec du coup d'Etat au Burundi montre que la voie armée n'est pas une solution. Il reste aux constitutionnalistes africains à sortir des sentiers intellectuels balisés à l'avance par l'Occident pour réfléchir sur les notions de « Communs » et de partage du pouvoir politique. Les élites africaines et les Etats doivent être au début d'un vaste programme de changement de mentalité et de pratique constitutionnelle en #Afrique.