Que s'est-il passé en Centrafrique ?

Entre décembre 2013 et juin 2014, des soldats de l'armée française déployée pour l'opération Sangaris auraient abusé de jeunes enfants en Centrafrique, selon un rapport établi par l'ONU. Cette opération était destinée à éviter une guerre civile dans le pays. Les faits se seraient déroulés dans un camp de réfugiés de l'aéroport de M'Poko à Bangui. Selon le journal, Le Monde, 16 soldats seraient concernés par cette affaire qui risque de ternir l'image des soldats français.

Le « document de travail » de l'ONU qui aurait vraisemblablement fuité regroupe les témoignages de six personnes, le plus jeune serait âgé de 8 ans. Ce document aurait été volontairement mis en libre-service sous prétexte que « l'enquête n'avançait pas ». Les affirmations de tous les enfants semblent crédibles, selon leurs dires, certains soldats leur auraient demandé certaines gâteries en échange de nourriture, toutes avec un vocabulaire différent. La codirectrice de l'ONG américaine Aids-Free World, Paula Donovan, a précisé que les enfants pensaient pouvoir se procurer à manger, et pour la plupart se sentant sous la menace et obligé d'écouter « l'ordre » donné par les soldats se sont plié à leurs exigences.

On ne parle pas que d'attouchement sexuel, certains enfants affirment avoir été violés ou avoir assisté à des viols d'autres enfants. Les mots « sodomie » et « fellation » seraient apparus à plusieurs reprises sur le document. Les descriptions faites des soldats sont jugées « très précises » par les enquêteurs qui ont dévoilé qu'ils avaient déjà identifié plusieurs soldats concernés. Monseigneur Nzapaïlanga, archevêque de Bangui, a quant à lui « défendu » d'une certaine manière l'armée française, en évoquant le fait que chaque armée a « ses brebis galeuses ». En effet, on ne peut pas jeter la pierre sur une armée entière en sachant que seulement « quelques soldats » seraient concernés par cette affaire. Malgré tout, les soldats français ne vivront plus dans une atmosphère de confiance.

Mais alors que risquent les soldats français soupçonnés ? Le parquet de Paris a été saisi par l'affaire, si les faits sont avérés, les soldats concernés passeront devant une cour d'assises.

L'ONU, soupçonnée de vouloir étouffer l'affaire

Vous avez surement vu circuler le nom d'Anders Kompass dans la presse ces derniers jours. Lui, c'est l'homme qui a fait « fuiter » le document qu'avait réalisé l'ONU sur des « abus sexuels sur mineur » par l'armée française à Bangui. C'est en juillet 2014 que le rapport serait passé aux mains des autorités françaises. Seulement voilà, nous sommes en mai 2015, et les faits ne sont dévoilés par la presse que depuis quelques jours.

Anders Kompass, le directeur des opérations de terrain à l'ONU, aurait agi face à l'absence de réaction de l'ONU sur cette situation, selon The Guardian. M. Kompass aurait été suspendu ce 17 avril 2015 de ses fonctions, et fait actuellement l'objet d'une enquête des Nations Unies. Certaines ONG soupçonnent l'ONU d'avoir voulu « étouffer » l'affaire. Ce que nie entièrement Zeid Ra'ad Al Hussein, le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme, se sentant « offensé » par de telles accusations.

Sur les réseaux sociaux, l'affaire fait beaucoup de bruit 

Sur les réseaux sociaux, certains pensent à un complot qui aurait été fait pour « salir la réputation » des soldats français. Pour d'autres « si ce rapport n'avait pas fuité, personne n'aurait été au courant de ses agissements », ou encore qu'on ne « tombe pas dans le lynchage médiatique sur la base de quelques bribes d'informations non vérifiées… ». Pour M. Diaw : « C'est une affaire très sérieuse. Espérons que ces mineurs disent la vérité et qu'ils soient en mesure de maintenir leurs accusations. De tels actes ne doivent pas être tolérés surtout quand le forfait se fait sur des personnes vulnérables. La justice doit sévir au cas où ces viols ont eu lieu. Mais pourquoi a-t-on attendu presque deux ans pour dévoiler ces crimes ? ». Nous n'avons pas encore la réponse, mais dans quelques jours nous en saurons beaucoup plus sur cette affaire qui fait déjà beaucoup de bruit dans les médias. #Afrique