Le 24 Avril 2015, le #Journalisme colombien a vécu un évènement pour le moins déstabilisant. Tout commence en septembre dernier lorsqu'un texte de menaces à l'encontre de journalistes est rendu public. Ce texte aurait été signé par le clan Usuga (un groupe criminel étroitement lié au groupuscule des FARC). La réalité est toute autre puisque les menaces ont été montées de toutes pièces par l'une des personnes visées: le journaliste Yesid Toro.

L'homme était rédacteur en chef d'une chaîne d'information (Telepacifico Noticias) dans le sud-ouest de la Colombie. La région est toujours en proie à des conflits armés entre les guérillas, l'Etat et certains trafiquants. En ce sens, le rédacteur explique son geste comme une tentative visant à prolonger le programme de sécurité en place jusqu'alors dans son entreprise. Par ailleurs, le journaliste espérait, grâce à ce stratagème, se faire rembourser des frais qu'il avait par lui-même engagés pour garantir la sécurité de sa rédaction.

Les dispositifs mis en place suite à la supercherie auraient coûté prés de 50.000 dollars à l'Unité Nationale de Protection. L'UNP a depuis décidé de porter plainte contre l'homme et a qualifié l'acte comme étant "irresponsable". Plus que le coût financier, c'est le coût moral qui a été retenu par les presses nationales. En effet, si le coup monté a creusé les dépenses de l'UNP, il a surtout amené le doute sur la légitimité d'une telle aide pour certains journalistes et risque de renforcer les contrôles au détriment de reporters étant réellement visés par des bandes criminelles.

Ainsi, le cas Yesid Toro met en lumière la peur dans laquelle évoluent les journalistes en Colombie, même s'ils ne sont pas directement visés par des menaces. Dans son classement 2015 sur la liberté de la presse, Reporters Sans Frontières plaçait la Colombie au 128ème rang mondial (sur 180 pays étudiés). Ce classement vient renforcer l'idée selon laquelle le pays ne parvient pas à garantir la protection de tous ses représentants de l'information. #Amérique latine