Un responsable des Nations Unies vient de perdre son poste pour avoir rendu public le rapport qui relatait les abus sexuels commis par des militaires français entre 2013 et 2014. On reproche à ces militaires français, sans que les enquêtes aient prouvé leur responsabilité, leur participation à des scènes indignes de viols et d'abus sexuels. Les populations centrafricaines, et à travers elles les populations africaines, sont indignées et ne comprennent pas comment les forces de l'ordre peuvent ainsi outrepasser leurs missions traditionnelles qui consistent à protéger les populations contre les exactions de la guerre civile.

Au delà de l'ignominie de cette affaire, un problème de fond apparaît mais qui demeure tabou dans toutes les armées du monde : comment résoudre les besoins sexuels des militaires qui interviennent sur des théâtres extérieurs. On peut recourir à l'abstinence (celle-ci doit être alors clairement énoncée par les responsables militaires à leurs troupes) mais il existe aussi d'autres moyens payants comme la prostitution. Encore faut-il que ces deux options soient exprimées par les supérieurs à leurs troupes. Au delà des préoccupations sexuelles immédiates que certains pourraient qualifier de normales alors que pour d'autres ce n'est pas la priorité pour des soldats dont le métier est d'abord la défense des biens et des personnes, il y a lieu de réfléchir sur la nature des opérations extérieures et de leurs conséquences.

L'accusation d'abus sexuels dont 16 soldats français font l'objet ne doit pas occulter les nombreux scandales qui jalonnent les missions des casques bleus de l'ONU en #Afrique en direction des populations civiles. Certains pays comme la République démocratique du Congo souhaitent que la mission de la MONUC (Mission des Nations Unies pour le Congo) parte du territoire congolais. Pour les responsables congolais, certains diplomates de l'ONU ne se comporteraient pas de façon honnête vis à vis d'adolescents et d'adolescentes au-delà des questions purement militaires. Il ne nous revient pas le droit d'accuser qui que ce soit, mais néanmoins de montrer notre indignation pour des pratiques qui ne doivent pas correspondre avec l'éthique de l'armée.

Si les viols sont avérés après les enquêtes de la hiérarchie militaire française, il est nécessaire que la justice fasse son travail et que les familles africaines reconnues victimes soient indemnisées largement pour les préjudices moraux et physiques subis par les membres de ces familles. L'organisation des Nations Unies ainsi que les différentes armées qui interviennent en Afrique ou ailleurs, doivent disposer d'une charte et d'un code de déontologie signés par toute personne administrative, civile ou militaire qui va à l'étranger pour contribuer à la stabilité politique dans les différents territoires d'intervention. La communauté internationale exige que toute la lumière soit faite sur cette affaire pour éviter que d'autres, dans le futur, troublent éventuellement les missions de paix et de bons offices apportés par l'ONU et les forces d'intervention étrangères.