La présidente Michelle Bachelet a peut-être crû qu'elle aurait un peu de repos suite à l'annonce de la réforme et de la gratuité scolaire universelle, mais les Chiliens en attendent davantage de leur gouvernement. Les étudiants manifestent afin d'être considérés dans la réforme de l'éducation et maintenant ce sont les professeurs qui demandent d'être à la table des discussions. Les enseignants du pays ont décidé de partir en grève générale illimitée ce lundi 1er juin, au matin. La réforme leur impose des contraintes dont ils ne veulent pas. Les deux groupes principaux qui sont touchés par la réforme de la présidente demandent plusieurs amendements au projet de loi.

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Les évaluations périodiques : la source du problème

Pour les enseignants, l'insatisfaction vient principalement des augmentations salariales qui seront conditionnelles aux évaluations auxquelles ils devront se soumettre. Cependant, la force de négociation des membres du Collège des enseignants du #Chili est relativement faible puisque la majorité des élèves ne sont pas dans les institutions publiques où leurs membres travaillent.

Le représentant du syndicat des enseignants, Jaime Gajardo, explique que « les évaluations que devront subir les professeurs sera une source de méfiance et de stress. Cela créera un système basé sur la méfiance et non sur la confiance ». Dans le projet de loi, les augmentations salariales de 28% viendront avec des examens sur la performance des professeurs.

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Les enseignants sont inquiets de perdre leurs augmentations s'ils n'obtiennent pas les résultats demandés lors des évaluations. Une inquiétude légitime, dans un contexte où la corruption est assez présente. De plus, il est évident que le travail d'un enseignant ne se mesure pas qu'avec des chiffres. Le processus d'apprentissage va au-delà des statistiques et de la réussite pure des élèves.

Ce système s'applique pour les enseignants du secondaire. Pour les professeurs de niveau primaire, le Congrès a déjà approuvé la loi qui abolit la sélection des élèves pour permettre un accès universel au système.

Dans un contexte tendu, la présidente Bachelet devrait écouter les revendications des étudiants et des enseignants pour offrir une réforme qui convient aux principaux intéressés. #Ecole #Amérique latine