Le conseil national des stupéfiants de Colombie a statué le 14 mai 2015 en faveur de l'interdiction de l'épandage de glyphosate sur les cultures de cocaïne par sept voix contre une.

Voici la décision insolite, à première vue,  qui a provoqué une vive émotion dans les rangs des anti-Monsato à neuf jours de la marche mondiale contre la multinationale qui a eu lieu le 23 mai dernier.

La Colombie utilisait le Roundup® depuis des années

Outre son utilisation en #Agriculture classique, ce produit, dont l'un des éléments est le glyphosate, était pulvérisé par voies aériennes au-dessus des champs de cocaïne. La facilité d'utilisation, la rapidité d'action et la non toxicité validée par les États-Unis en faisait le produit de lutte idéal contre les champs de cocaïne des trafiquants.

Des experts locaux, taxés d'écologisme, ainsi que des agriculteurs dénonçaient régulièrement les risques pour la santé et l'environnement mais sans succès face à l'énormité des enjeux liés au trafic de #Drogue comme à la puissance de communication de la firme internationale.

Changement de classification de plusieurs pesticides par l'OMS

Mais voici que le 20 mars 2015, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) annonce le classement de trois pesticides, dont le glyphosate, dans la catégorie 2A, les "cancérogènes probables", dernière marche avant les "cancérogènes certains". Cette annonce fait suite aux études menées par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) financé par la Commission européenne, les National Institutes of Health des Etats-Unis, le World Cancer Research Fund, la Fondation Gates et plusieurs autres sources caritatives et gouvernementales en France.

Réaction du gouvernement colombien

Le ministre de la Santé colombien, A. Gaviria, va alors tenter d'interdire les épandages aériens de glyphasate, s'opposant de fait au ministre de la Défense qui les utilise intensément dans le cadre de la lutte contre les plantations de coca. D. Mejia, directeur du centre d'études sur la sécurité et les drogues de l'université des Andes, jugeant l'épandage contre les cultures de coca inefficace, permettra que l'avis de ministre de la Santé emporte l'écrasante majorité des voix au Conseil national des stupéfiants.

Ainsi, dans le match cocaïne vs Roundup®, la cocaïne l'emporte en Colombie... Et ailleurs ?

En France la consommation moyenne de cocaïne est estimée à environ 3 tonnes par an (étude sur 5 ans des traces de drogues en eaux usées du CNRS publiée en 2013). Cette étude est un peu contestée dans sa forme mais le parallèle avec les 8000 tonnes de Roundup®  épandues en France en 2011 laisse tout de même songeur.