Les principaux responsables de la coalition anti-#Daesh créée en 2014 par les Etats Unis se retrouvent à Paris pour faire l’état des lieux des forces en présence (Daesh et coalition anti-Daesh) et pour remobiliser les forces de la coalition dans le combat contre l’organisation terroriste.

Pourquoi n’arrive-t-on pas à vaincre Daesh, compte tenu des moyens importants en termes de bombardements et de raids aériens utilisés par la coalition ? Pourquoi les Américains refusent-ils d’envoyer des troupes au sol pour engager la bataille sur le terrain et empêcher Daesh de faire tomber les villes de Ramadi en #Irak et de Palmyre en #Syrie ?

Il y a des explications logiques qui ne tiennent pas la route, à savoir que les Américains ne veulent plus engager leurs forces sur le terrain pour éviter les pertes humaines directes. Les véritables raisons sont ailleurs et doivent être recherchées dans la nouvelle approche américaine qui veut construire un « nouveau Moyen-Orient » et qui essaie de concilier deux puissances sous-régionales en plus d’Israël, que sont l’Arabie Saoudite d’obédience sunnite et l’Iran chiite. Le nouveau Moyen-Orient que les Américains souhaitent de leurs vœux, se construit sur la mésentente et la violence religieuse entre Chiites et Sunnites.

La conférence de Paris concernant Daesh risque d’être une réunion de convenance et, si on ne respectait pas les formes diplomatiques, on peut dire qu’elle ne sert à rien. L’Etat Daesh s’est installé entre la Syrie et l’Irak. Daesh progresse globalement partout dans cette zone. La conquête de la ville de Ramadi, abandonnée par les soldats irakiens non réellement formés au combat, a permis à l’Etat islamique de récupérer des armes lourdes, des véhicules blindés et des tanks fournis par l’armée américaine.

En Syrie, Daesh mène une lutte à la fois contre les troupes rebelles et contre l’armée syrienne pour affirmer sa suprématie. Le Premier Ministre irakien, chiite, Haïder Al Abadi, semble dépassé par les évènements, alors que la communauté internationale, et la France en premier, lui demande d’intégrer la minorité sunnite pour barrer la route à l’Etat islamique.

Nous sommes dans un puzzle, dans une pièce et une histoire à plusieurs entrées et à plusieurs sorties. Les puissances occidentales, dont les Etats Unis, éludent un problème politico-religieux qui consiste à faire cohabiter dans un même espace Chiites et Sunnites, sans que cette cohabitation se traduise par des guerres fratricides comme c’est le cas en ce moment au Yémen, où la coalition arabe sunnite, pilotée par l’Arabie saoudite, combat les Houthis yéménites d’obédience chiite. Que va faire la communauté internationale de Bachar Al Assad ? Certains de ses membres estiment qu’il faut le réintégrer dans le jeu politique visant à éliminer Daesh. Pour s’autres, il doit partir.

Nous sommes en plein marasme dans le Moyen-Orient compliqué et nous ne sommes pas prêts d’en sortir car les dossiers sont brûlants et les réponses aux différents conflits tardent à venir.