Du 18 au 20 juin, Saint-Pétersbourg accueille un Forum économique international. A l'heure où #Vladimir Poutine peut paraître isolé pour une partie du monde occidental, cet événement annuel est capital pour la #Russie. Elle veut y prouver son attractivité économique. Et montrer au monde entier que son économie se porte bien avec des entreprises fleurissantes. Durant ces trois jours placés sous le signe du business, pas moins de 7 500 ressortissants de 114 pays vont échanger et parler affaires. « C'est mieux que l'année passée, où 62 pays étaient présents », a indiqué le conseiller diplomatique du président russe, Iouri Ouchakov. Avec à la clé, pourquoi pas de juteux contrats en poche lors du retour au pays. C'est en tout cas l'objectif avoué de ces échanges.

Vu la situation extrêmement tendue entre la Russie et les Occidentaux concernant la crise ukrainienne, les Européens et les Américains vont bouder cette édition. L'ambassadeur des Etats-Unis en Ukraine, Geoffrey Pyatt, a même publié sur son compte twitter une phrase qui en dit long. « Les entreprises qui y participent prennent des risques économiques et pour leur réputation ». Tous les dirigeants européens vont donc snober l'événement sauf… la #Grèce. Alors que le pays est en train de négocier avec ses créanciers pour éviter une sortie de la zone Euro, le Premier ministre grec sera présent à Saint-Pétersbourg. Alexis Tsipras devrait même rencontrer Vladimir Poutine, ce vendredi. Une rencontre qui fait déjà grincer des dents dans certaines chancelleries. Mais qui s'explique très facilement (voir interview Jacques Sapir dans l'article support). Hormis Tsipras, aucun dirigeant européen ne sera présent. Par contre, d'anciens hommes politiques influents dans leur pays seront de la partie. C'est le cas de François Fillon, ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy et de Dominique de Villepin. L'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder participera également à ce Forum. Romano Prodi, l'ancien président de la Commission européenne effectuera également le déplacement en Russie. Les relations semblent donc au beau fixe entre l'Italie et la Russie. Car pour rappel, Matteo Renzi avait été le premier dirigeant européen à recevoir Vladimir Poutine, depuis la guerre en Ukraine, où les Russes sont accusés de soutenir les séparatistes.

Les sanctions prolongées à l'égard de la Russie

Très peu de traces de dirigeants européens donc… Par contre, les pays du Caucase et les Asiatiques seront bien là. Une preuve de plus que Poutine anticipe les sanctions et qu'il n'éprouve aucune difficulté à se tourner vers l'Est. On notera la présence du Président du Kirghizistan, Almazbek Atambaev, du Premier ministre de la Mongolie, Chimed Saikhanbileg, des vice-présidents du Myanmar et d'Irak, du ministre saoudien de la Défense, Mohammed Ben Salman et du vice-premier ministre chinois, Zhang Gaoli. De quoi faire…des affaires. Des délégations d'Iran, du Liban et du Qatar sont également attendues. Quant à l'Amérique du Sud, elle enverra aussi quelques représentants d'Argentine, de Bolivie et du Venezuela. A l'heure où l'Union européenne va probablement voter une prolongation des sanctions à l'égard de la Russie, les 25 et 26 juin prochains, Vladimir Poutine se tourne vers d'autres partenaires. Notons également que malgré le boycott des dirigeants occidentaux, de grands noms d'entreprises européennes seront présents : Total, Shell, Vinci, Coca-Cola… Qui a dit que Vladimir Poutine était isolé sur la scène internationale ?