La #Turquie est le seul pays musulman où une Gay Pride - ou Marche des fiertés - est organisée chaque année. La 13e édition de cet événement incontournable de la communauté LGBT, qui a eu lieu ce dimanche dans les rues d'Istanbul, la plus grande ville turque, a été sévèrement réprimée par les forces de police anti-émeutes. Pour des raisons politiques.

La Turquie ne condamne pas l'homosexualité mais l'homophobie est très répandue

Depuis plusieurs années, la Gay Pride d'Istanbul - qui réunit plusieurs milliers de participants - se déroule sans incidents majeurs mais toujours sous haute protection policière.

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La Turquie ne condamne pas pénalement l'homosexualité - contrairement à une majorité de pays musulmans - mais l'homophobie est encore très répandue.

Ce dimanche, des milliers de manifestants pacifiques s'étaient réunis pour participer à la Gay Pride dans le centre d'Istanbul. Il s'agit bien souvent de la seule occasion pour la communauté LGBT turque de sortir de l'ombre. L'événement - plutôt bon enfant - a très rapidement viré au cauchemar pour les participants lorsque certains d'entre eux ont agité des drapeaux arc-en-ciel en scandant des slogans dénonçant « le facisme » du régime du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan.

Gaz lacrymogènes, canons à eau et balles en caoutchouc

Les forces de police anti-émeutes, qui étaient présentes sur tout le parcours, ont alors fait usage de gaz lacrymogène, de canons à eau et de balles en caoutchouc pour disperser les milliers de participants.

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Plusieurs manifestants ont été interpellés.

Des journalistes qui couvraient l'événement ont été agressés par un groupe de personnes - des nationalistes et des islamistes selon les témoignages - sans que les forces de l'ordre n'interviennent. Une vidéaste de l'AFP - l'Agence France-Presse - a été sérieusement brutalisée par la police.

Bien que la Turquie ne condamne pas pénalement l'homosexualité, il n'existe aucune loi pour lutter contre les nombreuses discriminations dont est victime la communauté LGBT du pays. Il n'accorde aucun statut pour les couples de même sexe. Il ne sont pas reconnus. C'est encore le cas dans plusieurs pays de l'Union Européenne, dont la Turquie souhaite son entrée depuis de très nombreuses années.

Recep Tayyip Erdogan, « prix Kadhafi des droits de l'homme » en 2010

Le président Recep Tayyip Erdogan est au pouvoir depuis plus de douze ans. Son autoritarisme semble sans limites est souvent dénoncé par les organisations de défense des droits de l'homme.

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Il a été Premier ministre de 2003 à 2014, avant d'être élu président de la République au mois d'août de l'année dernière. Avant que le parti politique dont il est le fondateur - l'AKP (Parti de la justice et du développement) - ne perde la majorité absolue aux dernières élections législatives, il y a quelques semaines, on disait que son rêve était de devenir sultan.

En décembre 2010, le président turc mégalomane - qui s'est fait construire un somptueux palais de plus de 200 000 mètres carrés à Ankara - a reçu le tout dernier « prix Kadhafi des droits de l'homme » (sic) qui lui a été décerné par le colonel Mouammar Kadhafi, Guide de la Révolution libyenne assassiné en 2011. #Homosexualité