A Londres et à Paris on a assisté à de nombreuses manifestations de solidarité en faveur de la #Grèce contre le monde de la finance. A Paris, de nombreux militants du Front de Gauche et du NPA étaient présents dans la manifestation ce 20 juin 2015 et on peut souligner la présence de Mélenchon du Front de Gauche et de Besancenot du NPA. La Grèce se trouve dans une situation délicate, l’attente est pesante à deux jours de l’échéance en matière de remboursement.

Les responsables grecs restent ouverts à la négociation avec la zone euro et le FMI

Les responsables grecs continuent de négocier avec l’Europe et le Fonds monétaire international. Les Grecs sont inquiets mais restent dignes en attendant la décision de la négociation, certains sont désespérés pour leurs épargnes et leurs placements. Le problème est politique et économique. Politique car les Grecs ont voté pour le gouvernement de Tsipras en demandant que celui-ci respecte leurs consignes de vote, c'est-à-dire lutter contre l’austérité et favoriser une nouvelle croissance en Grèce.

La question grecque soulève le problème du lien entre la technocratie bruxelloise et la volonté des peuples souverains à influencer les institutions démocratiques européennes. Au nom de la paix, la technostructure bruxelloise impose son point de vue à la souveraineté populaire et démocratique. Sur le plan économique, on nous fait croire que la Grèce ne peut pas sortir de la Zone euro et qu’il est nécessaire qu’elle y reste afin que les technocrates de Bruxelles montrent à la face du monde que la zone euro est capable d’apporter des réponses monétaro-financières pour la préservation de l’influence de l’euro dans l’#Union Européenne et dans le monde.

Il existe une divergence entre la Grèce et le FMI sur la manière de faire l’argent dans les comptes de l’Etat grec

Si la Grèce était une banque, la plupart des pays voleraient à son secours, le problème est que c’est un pays et que la Grèce n’est plus qu’à quelques jours d’un défaut de paiement. A la fin du mois de juin, la Grèce doit rembourser 1,6 milliards de créance au Fonds monétaire international. Plusieurs dossiers sont à l’ordre du jour dans la relation Grèce-Zone euro, il s’agit des retraites, de l’excédent budgétaire et de la TVA. Ce sont des dossiers chauds qui bloquent la négociation entre la Grèce, l’Union européenne et le Fonds monétaire international.

Concernant les retraites et les salaires, les bailleurs de fonds exigent une baisse de ceux-ci. Le premier Ministre Tsipras pense faire un effort pour baisser les retraites, mais pas un effort significatif afin ne pas être déjugé par sa base électorale. L’autre point concerne l’excédent budgétaire. Les bailleurs de fonds souhaitent que le gouvernement grec fasse des efforts en réduisant les dépenses afin d’atteindre dès cette année un excédent budgétaire. C’est un point de discorde entre les bailleurs de fonds et le gouvernement Tsipras. La réforme de la TVA est le troisième point de discorde entre le gouvernement grec et ses bailleurs de fonds. Pour les bailleurs de fonds, il faut une réforme totale de la TVA pour permettre à l’Etat de recevoir 1% du PIB supplémentaire. Le premier Ministre Tsipras a proposé la mise en place de trois niveaux différents de taxe : 6% pour les médicaments et les livres, 11% pour les aliments, l’énergie ou l’eau et 22-23% pour les autres compartiments de la vie économique. Les bailleurs de fonds de ne sont pas d’accord et proposent uniquement deux taxes : 11% pour les aliments, l’hôtellerie et les médicaments et 23% pour le reste. La TVA reste un point de désaccord fondamental, même si, sur celui-ci, le premier Ministre est prêt à évoluer. Le gouvernement Tsipras demande aussi l’ouverture d’un « escrow account » où seraient versés les fonds destinés à payer les échéances de l’Etat à ses différents bailleurs de fonds.

Le peuple grec est à l’écoute

Le gouvernement Tsipras se bat en essayant de trouver des formes intelligibles de paiement de ses dettes, mais les bailleurs de fonds, comme ceux du Fonds monétaire, souhaitent montrer qu’ils restent les maîtres du jeu. Encore faut-il que le peuple grec les écoute et les entende.