Depuis le début des événements en Ukraine, les pays d'Europe de l'Est, l'OTAN et la #Russie jouent un jeu dangereux pour la sécurité régionale de l'Europe. Mais le mois de juin 2015 a exacerbé ces tensions. Analyse.

Vers une invasion de Kaliningrad

Des hackers ont, au début du mois de juin, piraté le site officiel des forces armées lituaniennes et auraient révélé que la Lituanie préparerait une invasion de Kaliningrad avec l'aide de l'OTAN afin d'annihiler toutes les menaces militaires venant de la Russie. Cette information a été reprise par le porte parole du ministère de la défense lituanienne déclarant que de fausses informations avaient été publiée puis retirées sur le site internet de ce ministère mais surtout qu'ils allaient enquêter sur ce piratage informatique afin de savoir d'où viennent ces hackers.

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Cette rumeur d'invasion de l'enclave de Kaliningrad par l'armée lituanienne a pour origine les exercices militaires de l'OTAN, Saber Strike, organisée par les pays Baltes et la Pologne et qui réunissent 6.000 soldats de treize pays. D'après les hackers, ces exercices seraient simplement une préparation à une future invasion de l'enclave russe située entre les pays Baltes et la Pologne.

Pays Baltes et Pologne: les nouveaux entrepôts d'armes et système de défense des Etats-Unis

Après avoir positionné des missiles Patriot, en Pologne, les #Etats-Unis iraient encore plus loin et prévoient d'entreposer des chars Abrams, des véhicules de combat d'infanterie Bradley qui pourraient équiper environs 5.000 soldats. De plus, des entrepôts d'armes d'infanterie pourraient voir le jour en Pologne, en Roumanie et en Bulgarie afin de pouvoir équiper des compagnies (150 soldats) ou même des bataillons (750 soldats).

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De plus les pays Baltes souhaiteraient que les Américains ouvrent de nouvelles bases militaires dans leurs pays afin d'avoir une présence militaire permanente.

Tous ces points devraient être discutés, entre les différents ministres de la défense de l'OTAN, durant la prochaine réunion de l'OTAN, ce mois-ci. Même si l'objectif est de protéger les pays de l'Est contre une "hypotétique" invasion russe, ils en demeurent pas moins agressifs contre la Russie car ils montrent qu'en cas d'invasion russe, l'OTAN pourra défendre rapidement les pays baltes mais cette politique est à double tranchant car l'OTAN peut aussi attaquer rapidement la Russie et à fortiori l'enclave de Kaliningrad.

La position de la Russie

La réponse de la Russie ne s'est pas faite attendre. En effet, cette dernière a annoncé, le 15 juin 2015, qu'elle va déployer 40 nouveaux missiles nucléaires intercontinentaux sur son territoire, d'ici la fin de l'année 2015. Sergei Lavrov, le ministre des affaires étrangères russe, a déclaré: "les Etats-Unis encouragent soigneusement la peur de la Russie chez leurs alliés européens afin de tirer avantage de ce moment difficile et étendre davantage leur présence militaire et donc leur influence en Europe. [...] Le bon sens l'emportera et (que) l'on réussira à empêcher que la situation en Europe ne dégénère en une nouvelle confrontation militaire qui pourrait avoir des conséquences dangereuses".

L'idée de déploiement de missiles n'est pas une nouveauté de la part de la Russie.

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En effet, depuis la fin des années 2000, les Etats Unis voulaient installer un système anti-missile en Europe de l'Est (en Pologne, en Roumanie, et en République Tchèque). Mais la Russie percevait cette volonté comme une agression contre cette dernière et afin de contrer cette situation, elle avait pour volonté d'installer des missiles balistique Iskander à Kaliningrad.

De nos jours, la Russie a relevé ses standards car elle ne parle pas d'installation de nouvelles batteries de missiles Iskander à ses frontières occidentales et dans ses enclaves européennes (Oblast de Kaliningrad et Crimée) mais parle d'installation de nouveaux missiles nucléaires afin de rappeler aux Occidentaux que la Russie est une puissance nucléaire et de nous dissuader de toutes attaque et installations militaires la visant trop directement.

Grâce à ses événements, nous allons voir dans les semaines suivantes si le paradigme de la paix nucléaire est toujours valable. #Vladimir Poutine