L'#Etat Islamique avance sérieusement en #Irak et en #Syrie. La coalition internationale dirigée par Washington frappe, certes, mais son intervention se révèle insuffisante pour parvenir à stopper l'avancée des djihadistes. Dès lors, les responsables compétents des différents pays de la coalition ont planifié une réunion d'envergure ce mardi 2 juin à Paris. Les enjeux actuels et futurs sont multiples, et la principale question à laquelle répondre semble être: comment contenir l'Etat islamique?

La coalition internationale regroupe une vingtaine de pays qui se sont engagés à combattre les djihadistes. Actuellement, elle mène principalement des raids aériens et forme les soldats irakiens et combattants syriens pour les affrontements au sol.

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Mais cela ne suffit pas… Et il semble nécessaire de mettre en œuvre d'autres moyens.

Réajuster la stratégie et faire le point sur la situation: il s'agissait-là du but de la réunion de ce mardi, qui a été chapeautée par le Premier ministre irakien, Haïder al-Abadi, et à laquelle de nombreux ministres et représentants d'organisations internationales ont pris part.

Les enjeux à venir pour combattre les djihadistes

Cette réunion a donc permis au Premier ministre irakien d'expliquer concrètement ce que l'Irak souhaite entreprendre et quelle aide est attendue des pays de la coalition. Celui-ci avait d'ailleurs pointé en conférence de presse, avant le début de la réunion, l'échec de la communauté internationale dans la lutte contre le groupuscule djihadiste Daech, déplorant un manque de soutien au gouvernement irakien, que ce soit via les armements ou les frappes, entre autres.

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Ce qu'il espère avoir pu changer après ces discussions.

Tout d'abord, il est nécessaire de remobiliser l'armée irakienne. La coalition doit dès lors apporter un soutien crucial à l'action du gouvernement d'Haïder al-Abadi, afin d'allier les différents combattants vers un même objectif, allant au-delà de leurs différences confessionnelles.

Concrètement, il s'agit en premier lieu de reprendre la ville de Ramadi, tombée aux mains des djihadistes le 17 mai dernier, ainsi que la province d'Al-Anbar. Pour ce faire, rallier les tribus sunnites locales est fondamental. Elles viendront ainsi aider le déploiement des unités de police dotées d'un nouveau commandement. En plus de cela, il semble nécessaire de mobiliser tant les tribus sunnites que les milices chiites, ces dernières menant actuellement la plupart des combats dans la contre-offensive sur Ramadi. Ces milices n'ont pas suffisamment été soutenues par le gouvernement, mais bien par l'Iran, et cultivent une forme d'indépendance avec la volonté d'étendre l'influence chiite.

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Or, l'union fait la force, dit-on souvent.

De plus, il est crucial de tirer des leçons des erreurs commises lors des affrontements pour la prise de Ramadi. Des combats marqués par un manque de coordination, d'organisation, d'armements notamment, mais aussi un manque de soutien de la part de la coalition internationale.

Ensuite, il faut absolument poursuivre les frappes menées par la coalition, mais les rendre bien plus efficaces. Jusqu'à présent, les raids aériens ont permis de déstabiliser les plans de Daech, mais n'ont pas réussi à leur porter des coups fatals. La réunion est censée permettre d'ouvrir la discussion quant à un apport de matériaux supplémentaires provenant des pays de la coalition, mais aussi quant à un éventuel réajustement de la stratégie des frappes sur les positions de l'Etat islamique en Irak et en Syrie. Cependant, les Etats-Unis, qui mènent la coalition, avaient été clairs sur ce sujet avant que ne se tienne la réunion, ils ne souhaitent pas changer leur stratégie, qui consiste donc en des frappes aériennes, la formation et l'équipement des forces irakiennes et le soutien à une politique inclusive.

Autres sujets abordés

Les enjeux de cette réunion étaient multiples, et concernaient, hormis ceux précités, aussi la problématique de l'augmentation du nombre de combattants étrangers qui rejoignent Daech, l'aide humanitaire, la création d'un fonds de stabilisation pour démarrer des opérations de déminage et de reconstruction, la charte pour la protection des minorités persécutées, ou encore la protection du patrimoine actuellement en danger.

Conclusion de la réunion 

Une chose est sûre, il s'agit d'un combat à mener sur le long terme… Mais d'ores et déjà, la coalition a apporté son soutien au projet défendu au cours de la réunion par le Premier ministre irakien, en appelant également à effectuer des réformes politiques en Irak, et une transition politique en Syrie. La coalition a insisté, dans son communiqué final, sur "l'urgence de poursuivre et d'intensifier l'effort collectif pour vaincre Daech, qui constitue une menace pour l'ensemble de la communauté internationale".