L’#Iran et les Occidentaux ont réussi à sceller un accord dont les prolégomènes durent depuis maintenant 12 ans. C’est un accord pour l’histoire, conclu à Vienne le 14 juillet 2015. C’est un accord qui ne satisfait personne mais qui permet à l’Occident et à l’Iran de parvenir à un texte équilibré.

Les principaux points de l’accord historique, sources de compromis et de débats futurs.

L’accord de Vienne est composé d’un texte principal qui insiste sur les points suivants.

- La limitation de l’enrichissement de l’uranium pour éviter à l’Iran de fabriquer l’arme nucléaire militaire.

L’accord de Vienne plafonne le nombre de centrifugeuses enrichissant l’uranium afin de limiter une utilisation militaire. L’Iran ne pourra enrichir l’uranium qu’à 3,67% pendant 15 ans et sur un seul site.

- Limiter la production de plutonium

Le plutonium est, avec l’uranium, l’autre matière fissile qui permet de fabriquer une matière atomique.

- Renforcer les inspections

Il s’agit d’augmenter les inspections de l’AIE (Agence internationale de l’énergie atomique) pour voir si l’Iran respecte bien ses engagements.

- Lever les sanctions

Les sanctions adoptées par les Etats Unis et l’Union européenne visant les secteurs de la finance, de l’énergie et du transport aérien, vont être levées et permettre ainsi aux entreprises occidentales, et donc françaises, de pouvoir bénéficier d’un marché potentiel de 80 millions de consommateurs.

- Contrôler l’embargo sur les armes afin d’interdire la vente ou le transfert des armes lourdes vers l’Iran

Cet accord historique fait peur à #Israël car il estime qu’il va changer la donne au Proche et au Moyen Orients en renforçant la puissance de l’Iran. Israël estime que l’Iran finance le terrorisme régional. On peut répondre qu’Israël, qui est une puissance militaire, politique, économique et régionale au Proche-Orient, n’a rien à craindre de cet accord, même si celui-ci préconise la levée des sanctions contre l’Iran. Israël doit voir dans le rapprochement avec l’Iran un allié de circonstance dans la lutte contre l’Etat islamique Daesh d’obédience sunnite.

Les relations entre les Perses et les Juifs sont très anciennes.

Il faut se rappeler que les juifs sont présents en Perse vers 586 avant l’ère chrétienne. Nombre de Juifs s’étaient installés à Ispahan, surnommée Yahudiye. Les relations entre Perses et Juifs ont toujours été très importantes. Au 10ième siècle les Juifs deviennent des acteurs importants auprès des Califes et Vizirs, ils participent aux affaires de l’Etat au niveau politique et économique. Dès le 13ième siècle, il y a une riche littérature judéo-perse qui se développe. Du 15ième jusqu’au 19ième siècle, les communautés juives sont très actives en Perse. En 1934, Reza Shah, fondateur de la dynastie Pahlavi, établit un consulat à Jérusalem. Jusqu’en 1948, l’Iran est le pays oriental qui compte la plus grande communauté juive (autour 100 000 âmes) et le sionisme y a été très actif. L’arrivée des Mollahs au pouvoir a modifié cette bonne entente entre Perses et Juifs et des malentendus se sont durablement installés pour le soutien que l’Iran apporte au Hezbollah au Liban, aux Alaouites chiites de Bachar Al Assad en Syrie et à quelques chiites en Irak et au Yémen.

Monsieur Netanyahou soyez le fer de lance d’une nouvelle diplomatie au Proche et au Moyen Orients : Israël est une puissance nucléaire, ce que n’est pas l’Iran

Israël ne doit pas dénoncer l’erreur historique, comme le fait légitimement le Premier Ministre Netanyahou qui estime que l’Iran est prêt à obtenir la bombe et donc prêt à rayer Israël de la carte du Moyen-Orient. Il faut rassurer le Premier Ministre Israélien : on ne peut rayer Israël du Moyen-Orient, c’est une puissance politique et militaire forte. On peut comprendre l’attitude et l’inquiétude du Premier Ministre israélien face à cet accord, mais on peut aussi lui dire : Monsieur Netanyahou, chiche, saisissez cet accord, que vous ne vouliez pas, pour faire d’Israël un grand pays de diplomatie moyen-orientale. Vos accords historiques entre la Perse, devenue aujourd’hui l’Iran, et Israël peuvent un leitmotiv pour conduire une diplomatie nouvelle facteur de paix, de sécurité et de développement économique pour l’ensemble du Proche et Moyen Orients.  #Energie nucléaire