Une commission spéciale (Union Election Commission) a annoncé ce matin la tenue des élections présidentielles le 8 novembre prochain, après plusieurs mois d'incertitudes autour d'un événement historique. En effet, le résultat des dernières élections démocratiques en Birmanie, organisées en 1990, avait été ignoré par la junte militaire alors en place. A l'époque, le parti de l'icône du pays Aung San Suu Kyi - la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) - était arrivé largement en tête des votes. S'en était suivi un énième durcissement du régime sous les yeux d'une communauté internationale impuissante.

Pourtant, le ciel birman se dégage peu à peu depuis la nomination, en 2011, d'un gouvernement semi-civil mené par l'ancien général Thein Sein. Rapidement, les premières mesures démocratiques (libération d'opposants politiques, libéralisation des médias, création d'une société civile) firent leur apparition et les sanctions internationales furent progressivement levées. En parallèle, l'ouverture économique du pays favorise un développement éclair, qui n'efface néanmoins pas les graves problèmes identitaires qui gangrènent le territoire depuis plusieurs années (violences religieuses, conflits ethniques).

Aung San Suu Kyi ne sera pas élue en novembre prochain

Figure emblématique de la Birmanie, Aung San Suu Kyi, 70 ans, ne sera toutefois pas élue à la tête du pays pour lequel elle a consacré sa vie. Ainsi, la Constitution birmane interdit les citoyens birmans ayant au sein de leur famille des membres de nationalité étrangère d'occuper la fonction de chef de l'Etat. Une mesure prise à l'époque pour contrer l'émergence de la fille du Général Aung San, dont les deux fils et le mari défunt sont britanniques. Malgré des tentatives appuyées pour modifier la Constitution ces derniers mois, le Parlement - au sein duquel siège d'ailleurs Aung San Suu Kyi - a rejeté la dernière motion visant à modifier cette clause il y a deux semaines.

Malgré tout, la LND devrait annoncer dans la semaine sa candidature aux élections générales. Plus globalement, ces élections représentent un enjeu majeur pour la Birmanie et un nouveau tournant dans son Histoire récente en tant que nation indépendante. Si l'optimisme prédomine parmi les observateurs depuis 2011, jamais le pays n'a encore été confronté à un exercice démocratique d'une telle ampleur. Après un demi siècle de dictature militaire, il est temps pour le peuple de la Golden Land d'écrire sa propre Histoire. #Élections #Asie