Ce lundi 20 juillet 2015, deux attentats-suicide ont frappé la frontière turco-syrienne. Ahmet Davutoglou, Ministre turc des Affaires étrangères, estime que l’attentat, qui a fait au moins trente morts, est le fait du groupe Etat islamique (#Daesh). Un autre attentat-suicide  a été perpétré à Kobané en Syrie. En Europe, en Afrique et en Asie, la plupart des Etats-Nations vivent sous la pression d’un attentat éventuel de groupes ou d’individualités terroristes.

La métamorphose du #Terrorisme mondial doit être prise en compte par les Etats-Nations.

Nous sommes en face d’un terrorisme mondial d’un genre nouveau, comme peut l’être l’Etat islamique, voire Al Qaïda ou Boko Haram. Ces nouvelles structures terroristes sont différentes des groupuscules des années 1980 qui prenaient en otage des individus ou qui posaient de façon aveugle des bombes pour sidérer les populations des pays victimes. L’émergence de l’Etat islamique montre que le champ de bataille a changé de dimension et que le terrorisme se comporte de façon différente. Quand on regarde les bandes criminelles ou terroristes d’Al Qaïda ou de l’Etat islamique, on observe que celles-ci tentent de s’approprier des territoires et de mettre en place des fonctions de régulation étatique traditionnelles : administration, armée, justice et dans certains cas, comme pour l’Etat islamique, création de la monnaie. Cette façon de faire de ce terrorisme nouveau oblige les Etats-Nations à une forme d’inversion des modèles traditionnels de lutte contre le terrorisme. Les Etats-Nations doivent intégrer à la fois des éléments de communication, militaires, stratégiques et de continuité territoriale entre les aspects extérieurs des crises et le bien-être des populations à l’intérieur des pays.

Le terrorisme mondial oblige les Etats-Nations à changer leur logiciel mental et actionnel.

Le terrorisme mondial oblige les Etats-Nations à une réévaluation de leur pensée stratégique, de leur service de renseignement et de la planification globale dans la conduite des opérations sur le terrain. On le voit bien en Syrie et en Irak où l’alliance emmenée par les Etats Unis est obligée de réfléchir en permanence sur l’évolution de la guerre contre le terrorisme qui devient permanente et sur les coûts financiers, humains et politiques que ce type de lutte implique. Le terrorisme mondial oblige aujourd’hui les Etats-Nations à des opérations longues, ce qui n’est pas sans conséquence sur les opinions publiques qui ont l’impression que les Etats-Nations qui les gouvernent sont incapables d’éliminer le terrorisme. La réalité est autre. Nous sommes dans une nouvelle guerre qui oblige les Etats-Nations à la mise en place des différentes formes de mutualisation et de partage des forces et des coûts pour combattre un ennemi asymétrique. En effet, le terrorisme mondial agit de façon asymétrique car il n’est pas incarné par une armée traditionnelle, or la plupart des armées occidentales ont été créées dans une logique d’affrontement symétrique et direct vis-à-vis d’un ennemi identifié. Si on ajoute à cette asymétrie du terrorisme, la cyber-propagande que Daesh et ses affiliés utilisent pour embrigader certaines populations occidentales jeunes, on s’aperçoit que la bataille va être longue.

La technologie occidentale est nécessaire mais insuffisante face à la bataille des idées, les Etats-Nations doivent s’y préparer.

La technologie occidentale est peut-être importante mais elle demeure insuffisante face à une bataille des idées qu’il faut contrer de façon permanente. L’Occident est obligé de mettre en place un nouveau logiciel mental et d’action pour lutter effectivement contre le terrorisme mondial dont la mission essentielle est d’introduire la haine, le malheur, la désolation et la mort. Un autre problème demeure : la sincérité de tous les Etats qui participent à la lutte contre le terrorisme mondial. Il ne suffit pas de le dire, encore faut-il le montrer par des actes tout en cessant de jouer le double jeu. On dit ici et là que Daesh aurait l’assentiment de certains pays pour mener leurs actions sur une base religieuse dans ce Moyen-Orient compliqué où sunnites et chiites ont beaucoup de mal à s’entendre.