Où va l’Afrique du sud de l’après Mandela ?

 

Le 2 mai 1994, Mandela annonçait la fin de l’apartheid et la naissance d’une société « dont l’humanité serait fière ». Qu’en est-il 20 ans après ?

 

Certes, les progrès sont incontestables mais 47% des sud-africains vivent dans la pauvreté, 25% des actifs sont au chômage et la nation « arc en ciel »  est l’une des plus inégalitaires du monde.

 

La population est très hétérogène : 11 langues et 4 groupes raciaux principaux, sans compter les sous-groupes qui se regardent en chien de faïence, car l’apartheid a laissé des cicatrices profondes, ce qui nuit, c’est indéniable à la construction d’une identité nationale, processus complexe s’il en est.

80% de la population est constituée d’Africains originaires de la région que les colonisateurs regroupaient sous le vocable « noirs »

9% de la population est blanche : ce sont les descendants des colons venus au XIX ème siècle, notamment des hollandais mais pas seulement.

9% sont des métis désignés par le terme « coloured »

2% sont des Indiens et des Asiatiques descendants des ouvriers venus travailler dans les plantations de canne à sucre.

 

Imaginez alors la diversité des langues, des religions, des coutumes, des modes de vie...

 

La difficulté est donc de faire tomber les barrières liées aux préjugés de tous ordres et d’oublier les vieilles rancoeurs.

Un récent sondage montre en effet que 55% de la population reconnaissait ne jamais ou très rarement adresser la parole à des individus d’un autre groupe racial !

69 % des noirs et 45% des blancs avouent n’entretenir aucune relation personnelle avec des personnes appartenant à une autre race...

Selon moi, c’est aux partis politiques de construire une démocratie fondée sur des idéaux et des intérêts partagés : tous doivent dépasser la notion de « race » et se retrouver sur des terrains de lutte communs.

A cet égard, l’émergence d’une classe moyenne noire contribue à l’évolution de la société car elle ne considère plus les blancs comme des ennemis, mais plutôt comme des partenaires.

Il faut partager des raisons de se réjouir et d’être fiers : la coupe du monde de football a été un facteur de réconciliation, il faudrait un évènement de cette nature tous les ans pour accélérer l’évolution de cette société révée par Mandela.

Le Monde du futur vu par Obama

Une Europe unie ? Pourquoi pas ! #Racisme