Le conflit confessionnel entre sunnites et chiites au Moyen-Orient complique la recherche des solutions politiques.

 

La complexité des relations diplomatico-politiques est toujours soulignée par la plupart des observateurs. La guerre confessionnelle « cachée » entre les musulmans d’obédience sunnite largement représentée par l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie,  et les musulmans de tendance chiite emmenée par l’#Iran, la Syrie, une partie du Liban et une partie de l’Irak, est approfondie aujourd’hui par le jeu des grandes puissances, (Etats-Unis, #Russie, Chine et coalition internationale) dans cette partie du monde. Après le rapprochement entre les Etats-Unis et l’Iran à la suite de l’accord de Genève sur le nucléaire civil, les pays de la CCG (Conseil coopération du Golfe) ont demandé et obtenu que les Etats-Unis leur livrent des armes et des systèmes de missiles anti-aériens.

 

En officialisant la fin des négociations et la livraison des systèmes de missiles anti-aériens à l’Iran, Vladimir Poutine répond directement aux Etats-Unis et continue de montrer que son soutien à Bachar Al Assad est indéfectible dans la mesure où Bachar, chiite, est quelque part sous le parapluie iranien. Si l’Iran reçoit des missiles anti-aériens, c’est pour protéger Téhéran et les sites nucléaires contre une attaque éventuelle, soit des autres Etats du Golfe, soit d’#Israël. Cette possibilité d’attaque de l’Iran par Israël au nom d’une diplomatie militaire préventive, n’est pas exclue par les Mollahs  qui continuent d’être les principaux responsables en Iran.

 

La vente des missiles russes à l’Iran modifie la géopolitique et l’équilibre international au Moyen-Orient

 

Pour Israël, la livraison des systèmes de missiles anti-aériens à Téhéran permet au Premier Ministre Netanyahou d’élever les enchères et de réclamer des armes plus sophistiquées comme l’avion furtif F-35. Pour Israël, cela est tout bénéfice: ce pays peut réclamer des armes plus efficaces militairement de la part des Etats-Unis et continuer à être l’observateur de référence de ce conflit confessionnel (sunnites/chiites) tout en gardant de bonnes relations au Moyen-Orient avec certains pays sunnites comme la Turquie ou l’Egypte et en mettant à l’index l’Iran. La vente des missiles anti-aériens va approfondir la coopération technico-militaire entre la Russie et l’Iran, même si les missiles sol-air vendus (S-300) ne sont pas ceux de la dernière génération fabriqués par la Russie. Il existe entre la Russie et Israël quelques points de friction, comme celui lié à la vente des missiles russes à l’Iran.

 

Au-delà de cette vente de missiles, la Russie et l’Iran vont approfondir et développer leurs relations commerciales et économiques. Russes et Iraniens sont d’accord au plan diplomatique pour trouver des solutions pacifiques et politiques en Syrie et dans d’autres parties du Moyen-Orient. Au Yémen, en Afghanistan et en Libye, Russes et Iraniens demandent un règlement des problèmes à travers l’institution de dialogues nationaux sans ingérence extérieure et encore moins d’imposition de recettes politiques venues d’ailleurs, surtout des Etats-Unis. La Russie va aider l’Iran à transformer son centre nucléaire de Fordo (usine d’enrichissement d’uranium et un centre de recherche) en une usine de fabrication d’isotopes médicaux.

 

La Russie et l’Iran inaugurent une nouvelle ère de relations commerciales, militaires et politiques qui risquent de compliquer encore un peu plus la recherche de solutions au Moyen-Orient. Un volet reste volontairement absent dans cette relation : quel plan pour combattre l’Etat islamique (Daesh), avec quelles stratégies, quels moyens militaires et pour quels buts ?

 

 http://fr.blastingnews.com/international/2015/08/des-armes-au-profit-des-pays-de-golfe-washington-accelere-ses-ventes-face-a-l-iran-00503385.html

http://fr.blastingnews.com/international/2015/06/au-menu-du-sommet-du-g7-conflit-ukrainien-climat-terrorisme-crise-grecque-00430435.html