Après sa récente tournée en Angola dans ce qu’il est convenu d’appeler l’#Afrique noire, le Président Hollande a été invité par le Président égyptien Al-Sissi en Afrique blanche et méditerranéenne. Au moment où l’Afrique noire va être confrontée à des élections présidentielles pour la plupart des pays, il est intéressant d’observer à la loupe les adresses politiques du Président français aux uns et aux autres.

 

La position variable de Hollande en fonction des « Afriques noire ou blanche ».

En Afrique noire du Centre et des Grands Lacs, le Président français estime que la légalité constitutionnelle doit être respectée. L’alternance politique doit être l’aune à laquelle on doit mesurer la capacité de ces pays à s’insérer dans la vie politique et économique mondiale « normale ».

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Hollande, sans le dire de façon explicite, reprend les thèses de Obama en expliquant que la plupart des Présidents africains en Afrique noire doivent respecter la Constitution et partir au terme de leur mandat. Au Rwanda, pays qui a connu le génocide, le peuple, une grande partie des partis politiques et la société civile demandent que le Président Kagame se représente pour un troisième mandat alors que la Constitution le lui interdit. Sans rien dire, le Président Kagame observe et attend de voir comment cette demande populaire va devenir fondamentale. On peut s’attendre à un référendum dans ce pays et on peut s’interroger sur ce que sera l’attitude de Hollande face à cette situation.

 

Le référendum est un moyen d’apporter une ou des réponses dans les pays d’Afrique noire où la culture politique s’installe progressivement et cette installation passe par le poids que doit jouer le peuple pour dire ce qui est bien ou non pour son avenir.

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La France agit souvent dans les pays francophones en imposant un modus operandi sur la manière de faire et d’utiliser les institutions qu’elle contribue souvent à installer pour aider ses partenaires africains. Le problème est que dans la mondialisation actuelle et cinquante ans après les indépendances, les pays francophones, ceux d’Afrique centrale, de l’Ouest et d’ailleurs sont parfaitement capables d’arbitrer entre les conseils de leurs partenaires et ce que leur peuple attend. En fonction des territoires et des pays, Afriques du Nord ou du Centre,  le discours français est à géométrie variable. Alors qu'en Egypte, le droit à l’expression est limité et qu’il y a un musèlement des libertés, on constate que les mêmes droits de l’Homme font l’objet de rappels politiques et diplomatiques courtois ou quelques fois discourtois lorsqu’il s’agit de l’Afrique centrale. De qui se moque-t-on ? Dans les pays d’Afrique centrale les opposants ne sont pas condamnés à la potence, l’expression est libre et les partis d’opposition peuvent s’exprimer comme ils veulent.

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Monsieur Hollande les pays africains du Centre et leurs dirigeants sont capables de discernement politique

 

On peut demander au Président français qu’il regarde sa diplomatie à géométrie variable en considérant les pays d’Afrique centrale, qui sont les partenaires historiques de la France, comme des partenaires matures, capables en fonction de leur contexte sociopolitiques et culturelles, de choisir leurs dirigeants  et de mettre en place des modalités de changement de leur constitution en appelant leur peuple à se déclarer. Nous sommes là dans une modalité des démocraties directes, à la différence de la France qui a procédé une seule fois en 1962 au changement constitutionnel en appelant le peuple à se prononcer directement (élection du Président au suffrage universel). Dans les autres cas, les amendements et modifications constitutionnels de la 5ième République ont fait appel à la démocratie indirecte : le Parlement.

 

http://fr.blastingnews.com/international/2015/07/l-utilite-du-referendum-en-afrique-noire-00485141.html

http://fr.blastingnews.com/international/2015/07/hollande-en-afrique-problematiques-constitutionnelles-et-militaires-00464299.html #François Hollande #Gouvernement