Le coup d’Etat du 17 septembre a fait du général Gilbert Diendere l’actuel homme fort du Burkina Faso. Le Général veut remettre à plat la transition politique au Burkina Faso après le coup d’Etat et l’insurrection population qui ont entrainé de Blaise Compaore. Le Burkina Faso est dans un imbroglio politico-diplomatique qui  favorise l’intervention des Présidents Macky Sall du Sénégal et Thomas Boni Yayi comme médiateurs dans la crise burkinabée.

 

A l’hôtel Laico de Ouagadougou les médiateurs entreprennent plusieurs pourparlers avec les différentes parties et forces vives burkinabées que sont l’armée, les partis politiques, la société civile et les représentants de la communauté internationale comme Mohamed Ibn Chambas représentant de Ban Ki-Moon pour l’#Afrique de l’Ouest et Kadré Désiré Ouédraogo, ex-Premier ministre burkinabé, Président de la commission de la CEDEAO (Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest). Le Général Diendere estime que les conditions de mise à l’écart de Blaise Compaore n’ont pas respecté la constitution. Il croit que le débat portant sur la réforme constitutionnelle n’est pas allé à son terme. De plus, il pense que la transition politique présidée par Michel Kafando est une transition biaisée car elle excluait un certain nombre de responsables politiques du Congrès pour la Démocratie et le progrès des compétitions politiques et électorales futures, législatives et présidentielles. Il appuie son raisonnement sur l’invalidation du code électoral par la Cour de #Justice de la CEDEAO. Ce code électoral empêchait les hommes politiques ayant soutenu Blaise Compaore dans sa volonté de réformer la Constitution, de se présenter aux élections futures.

 

A Koudougou, troisième ville du Burkina Faso, la mobilisation citoyenne s’organise contre le coup d’Etat du Général Diendere considéré comme l’homme de main de Blaise Compaore. La vie s’organise  à Koudougou  et les populations sont prêtes à marcher sur Ouaga pour libérer le pays. Ces manifestants avancent trois points qu’ils considèrent comme intangibles :

  1. départ de Diendere,
  2. dissolution du régiment de sécurité présidentielle considéré comme milice présidentielle de Blaise Compaore,
  3. restauration de la transition politique et organisation des élections, ce que refuse pour l’instant Gilbert Diendere qui estime qu’une transition politique d’un année est nécessaire pour remettre tout à plat et organiser de nouvelles élections.

 

Le cas burkinabé est intéressant pour le reste de l’Afrique et surtout pour la communauté internationale dont le besoin de faire apparaitre des printemps arabo-africains est plus important que le maintien de la cohésion sociale. Il ne s’agit pas ici de s’opposer aux insurrections populaires. Ce qu’il vient de se passer au Burkina Faso doit permettre aux dirigeants africains de prendre acte d’une leçon dirimante et consubstantielle à la vie des Etats  (surtout en voie de pré-démocratisation) et de leurs dirigeants : il ne suffit pas d’aménager le territoire, il faut créer les conditions d’une adhésion de la population à l’ouverture démocratique réelle  et surtout à la mise en place des politiques sociales en matière d’éducation, de santé et d’emploi.

 

Que les dirigeants des partis d’opposition en Afrique, surtout francophone, ne soient plus des magouilleurs, prêts à aller à la soupe et à se révolter ensuite quand la soupe ne leur est plus servie aux conditions qu’ils exigent. Ces dirigeants des partis d’opposition, ignorés par le parti majoritaire, sont prêts à manigancer des collusions avec l’Occident pour favoriser des troubles au nom de l’alternance et de l’union nationale. #Élections